Namibie

Une nouvelle aventure à la découverte de la Namibie, avec Céline et Clément!
Septembre 2019
3 semaines
Dernière étape postée il y a 5 jours
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Publié le 18 septembre 2019

Jour 23

Aujourd’hui, nous prenons notre vol pour Windhoek, nouveau pays et c’est reparti pour 3 semaines de découverte!!!!

Arrivés à l’aéroport, pas de gros choc culturel on reste dans le même type de fonctionnement. Le rand sud-africain est accepté partout et le dollar namibien est calé sur le rand.

Seule grosse surprise il y a un lieu dans l’aéroport à côté de la réception des bagages pour récupérer son arme à feu.... Et devant on voit des touristes qui attendent... drôle de tourisme que celui de venir payer des permis de tuer des animaux dans ces derniers sanctuaires de la vie sauvage.

Nous prenons un taxi réservé et négocié ;-) par what’s app. Adorable, il nous attend à l’aéroport et nous nous installons dans notre guesthouse pour la nuit. A l’écart du centre, on n’a pas trop la motivation pour ressortir car on s’est levé vraiment très tôt. On se cuisine une petite salade et repos car demain c’est reparti pour un road-trip de folie!!!

Jour 24

Ce matin, après un rapide petit-déjeuner, un employé de Namvic vient nous chercher à 9h et nous amène à l’agence pour un briefing. 2h30 d’explications sur la conduite 4x4, le contrat d’assurance en détails, l’équipement du 4x4, le pliage, dépliage des tentes, l’utilisation du compresseur, du frigo, du téléphone satellitaire. Beaucoup d’infos à intégrer en anglais! Un peu stressant! Surtout que quasiment tout est exclu de l’assurance. La conduite hors piste n’est pas prise en charge, toute panne au Botswana non plus ni tout ce qui peut être considéré comme négligence « This is your responsability! »... ça fait flipper!

On repart vers 11h30 et allons faire le plein de courses au Spar à Windhoek. Pâtes, eau, boites de thon, pain de mie, quelques bières et quelques fruits!!!(si,si!!) Nous faisons ensuite le plein d’essence. Avec nos 2 réservoirs, le plein est de 120L! Ça fait mal!!

Nous pique-niquons rapidement et filons à l’aéroport chercher Céline et Clément qui arrivent pour passer ces 3 semaines ensemble!! Trop d’excitation et de bonheur à les retrouver!!!

Nous prenons la route pour Rehoboth, 1h30 de route pour un premier jour c’est déjà bien suffisant! Les paysages sont complètement désertiques ça rappelle l’ouest américain. Surtout que Windhoek est en altitude (1700m).

On voit quelques phacochères et babouins en bord de route!!! Ça met tout de suite dans l’ambiance!!

Nous campons au bord du Lake Oanob. Le spot est de toute beauté. On installe le campement, l’équipement est top, chaises, tables, tout pour cuisiner. Le 4X4 est très bien aménagé, chaque espace est potentialisé. On s’offre un petit apéro et ... des pâtes!!

Campement monté!! 
Lac Oanob  

Première soirée campement, on est à l’étroit va falloir être organisé et tolérant c’est parti pour l’aventure! ;-)

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Publié le 18 septembre 2019

Jour 25

Après la courte étape à Rehoboth plus fonctionnelle qu’autre chose, nous prenons la route pour Sesriem. Au bout de quelques kilomètres, la route devient une piste et c’est parti pour plus de 280km. Un nuage de poussières suit la voiture. Les paysages défilent et nous nous sentons au milieu de nulle part. Nous ne croisons quasi aucune véhicule et les premières sensations sur piste sont curieuse, au début on a un peu l’impression de conduire sur la neige. Le véhicule est lourd!!

L’immensité qui nous entoure est incroyable. Nous traversons d’abord un paysage plutôt de savane avec des herbes sèches et arbres bas. Puis le paysage devient plus montagneux, type canyon avec des roches marrons ou noires basaltiques. La formation de ces montagnes est volcanique et remonte à des millions d’années.

Nous voyons quelques animaux: on ne s’y attendait pas du tout on pensait que ce n’était qu’à Etosha qu’on pourrait en voir. Clément est comme un fou! Et surtout il a un œil de lynx, il voit la moindre petite bête ou oiseau!! C’est décidé, il sera notre guetteur officiel pour ce voyage!! Au final, nous voyons 5 girafes, des autruches, des suricates, des oryx (majestueux cet animal! Et on n’en avait pas vu en Afrique du Sud je ne sais pas s’il y en avait d’ailleurs). Il y a des nids énormes accrochés à certains arbres. Incroyable ce que ces petits oiseaux sont capables de construire!!! On redescend un peu en altitude, et là le sable devient rouge, ça nous rappelle clairement le Wadi Rum en Jordanie.

Nous arrivons à l’oasis de Sesriem. Montagnes et dunes l’entourent: couleurs rouges, orange, marron. La chaleur est écrasante (nous n’avions encore pas ressenti une telle chaleur depuis le début du voyage). On a les lèvres qui gercent, la peau sèche et une sensation d’aridité intense. Nous pique-niquons (sandwich au beurre de cacahuète le retour!! Et on a converti 2 nouvelles personnes;-))

Nous allons ensuite au canyon de Sesriem, creusé par une rivière il y a 15 millions d’années. Il fait 30 mètres de profondeur et est étroit par endroits. Nous nous baladons à l’intérieur de cet agglomérat de cailloux et de sables. Quelques arbres apportent de la vie à ce paysage de désolation.

Canyon de Sesriem 

Nous nous rendons ensuite à un point de vue sur le désert du Namib à quelques kilomètres sur la route de Sossuvlei puis nous grimpons l’Elim Dune pour alller voir le coucher de soleil. 3/4 d’heure de grimpette éprouvante dans le sable!!! Mais c’est de toute beauté! Un sable orange voire même rouge avec un brin de végétation et au sommet une vue à 360 degrés avec d’un côté une vaste zone désertique et les montagnes rocheuses au fond et de l’autre côté les dunes à perte de vue, dunes que nous irons explorer demain. Au sommet, on fait de nombreuses photos souvenirs et redescendons après le coucher du soleil en courant joyeusement dans les dunes.

Elim dune au coucher de soleil 

Les dunes du Namib ont une couleur allant de l’orange au rouge au violet. Contrairement à celles du Kalahari elles se déplacent en permanence au gré du vent et adoptent des formes qui évoluent.

Nous rentrons au camping de Sesriem de nuit et montons le campement plus rapidement qu’hier!! (À la frontale!) Nouveau plat de pâtes, petite bières , petite douche express (on est au milieu du désert donc il faudra se contenter d’un filet d’eau froide, juste histoire de chasser tout ce sable!) et dodo car demain on se lève pour le lever de soleil!!!!

Jour 26

Lever 5h15. Nous plions les tentes et filons pour passer la « gate » dès l’ouverture. Nous assistons à un lever de soleil de toute beauté sur les dunes.

Au bout de 65km, la route s’arrête et laisse place à une piste sableuse réservée au 4x4. Nous baissons la pression des pneus pour passer en mode 4x4 et nous lançons sur 4 km de piste. Un peu sportif et stressant mais on ne s’enlise pas!! Nous commençons par Sossuvlei et sa très jolie dune à la courbe parfaite. Nous grimpons sur l’arête en une progression lente et régulière. Le sable est doux, fin et les dunes s’enchaînent à l’horizon c’est magique. Nous courons, sautons à la descente, foulant de nos pas ces vaguelettes de sable parfaites. Les salars aux pieds des dunes abritent quelques arbres et nous y voyons des oryx. Oryx + dunes c’est vraiment la carte postale!!

Un oryx devant la dune de Sossuvlei 

Aux couleurs du matin, les tons sont pâles et doux. Nous allons ensuite à Deadvlei, salar avec des arbres pétrifiés. Ce site est le plus connu de Namibie et nous a fait rêver depuis longtemps. Nous n’y sommes pas seuls mais très vite la magie opère!

Ces arbres sont morts (il y a environ 900 ans lorsque les dunes ont envahi la zone et bloqué l’arrivée d’une rivière), pétrifiés, figés à tout jamais dans cette croute de sel. Ce salar est vaste et étrangement calme, témoins du passé, de la terre à ses origines comme on se l’imagine. Ce salar a 5 millions d’années et le Namib abrite les dunes les plus anciennes au monde qui peuvent avoir 2 à 3 millions d’années. Peu d’espèces peuvent vivre dans des conditions aussi difficiles. L’oryx fait partie de ces animaux très résistants, s’hydratant grâce aux plantes qu’il consomme. Son pelage se confond parfois avec les buissons et la couleur des dunes.

Deadvlei  

Le site de Deadvlei comprend aussi la plus haute dune du secteur 325m de haut surnommée Big Daddy. Nous ne la grimperons pas car il est près de 12h quand nous l’approchons et la température devient difficilement supportable. Nous pique-niquons à l’ombre profitant encore de la beauté des dunes et des oryx!!

Le Namib nous a submergé par sa beauté. Il nous a évoqué tantôt le Maroc tantôt la Jordanie mais il est surtout unique et différent de tout ce qu’on a pu voir. Quelle chance nous avons de poser nos yeux sur de telles merveilles naturelles, de telles beautés du monde, paysages inviolés depuis des millions d’années.

Le site de Sossuvlei est quand même bien préservé du tourisme, avec des logements très éloignés (65km), peu nombreux et avec très peu d’aménagements. La Namibie semble bien faire les choses en évitant ainsi le tourisme de masse.

Vers 13h, nous reprenons la route, encore 3h de piste!! On commence à bien s’y habituer! Nous nous installons au camping de Naukluft pour 2 nuits.

17
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Publié le 20 septembre 2019

Jour 27

Nous sommes toujours dans le parc du Namib-Naukluft mais les dunes ont laissé place à des paysages plus montagneux. Aujourd’hui, pas de voiture, le programme c’est randonnée!!!

Petit déjeuner de compet! 

Nous partons sur l’Olive Trail, tour de 10km. Les étapes de la randonnée sont très variées. La première partie grimpe pas mal avec une vue dégagée sur les montagnes alentours de la Naukluft Valley puis nous atteignons un plateau où nous voyons quelques oliviers sauvages qui donnent leur nom à la randonnée.

Départ de l’Olive trail 

Nous descendons ensuite dans un canyon, profond et escarpé en roches rouge, parsemé de quelques rares cactus et yuccas. Les remaniements géologiques ont été multiples par ici, il y a de belles zones de compressions, des strates de toutes les couleurs.

La rivière, en cette fin de saison sèche est à sec! Nous pique niquons au fond du canyon à l’ombre. Pour sortir de la gorge, il y a un petit passage délicat où il faut se tenir avec un chaîne, mais ça passe assez facilement.

Le sandwich officiel du midi

La fin de la randonnée repasse par un paysage plus classique. On voit plusieurs cadavres de zèbres, en état de décomposition. Trop triste! Viennent ils mourir là? Nous rentrons ravis de nos 4h30 de balade. Nous n’avons croisé personne!

Les babouins ont investi notre campement. On nous a bien dit de fermer la voiture avec précaution. En repartant nous balader, nous fermons tout et 2 minutes après on observe les babouins: ils gagnent direct notre véhicule et se mettent à tester chaque portière, grimpent sur le toit et regardent par les fenêtres si il y a quelque chose à manger!! Incroyable!!!

Nous terminons l’après-midi par une balade sur une portion du Waterkloof trail, en direction de piscines naturelles. Le sentier longe une rivière (pas à sec celle-là) située dans un autre canyon.

Le long du Waterkloof trail 

Nous rentrons un peu plus tôt au campement pendant que Céline et Clément prolongent un peu leur balade et font de l’observation d’oiseaux. Puis nous nous retrouvons pour préparer la popote du soir et poursuivons la soirée en refaisant le monde. Être en camping est hyper plaisant. Proche de la nature, on passe notre temps dehors au rythme du lever et coucher de soleil et la vie au campement s’organise, on prend nos habitudes, chacun fait ses petites missions c’est un vrai bonheur de vivre ça tous les 4.

Nous regardons les étoiles, le ciel est d’une pureté rare! Par contre, on est nul en constellations de l’hémisphère sud!

Notre maison sous la voie lactée  
18
sept
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Publié le 21 septembre 2019

Jour 28

Nous quittons le parc de Naukluft au petit matin et assistons à un superbe lever de soleil rougeoyant. Nous voyons 4 zèbres... vision magique sous la douce lumière du jour.

Puis nous prenons la direction de Swakopmund. Ce qui est incroyable ici c’est que c’est la route qui est entourée de barrières des deux côtés et pas les animaux qui sont parqués dans des réserves. La vie sauvage a encore un peu de place, c’est tellement chouette de voir ça.

En roulant jusqu’à Solitaire, il y a peu de végétation, du coup nous voyons plusieurs troupeaux d’oryx, des zèbres , des gnous et des phacochères (avec des bébés!). On est vraiment chanceux!

Solitaire  

Après une pause petit-déjeuner à Solitaire, micro village aux allures de Far West on se croirait dans « Bagdad café », nous passons le Tropique du Capricorne.

Nous arrivons à Walvis Bay vers 12h et observons les flamands roses depuis la jetée!! C’est quand ils volent qu’ils montrent le plus leurs couleurs et leur belle envergure. Un beau spectacle! Ils sont tellement élégants perchés sur leurs pattes!

Walvis Bay  

Nous pique-niquons face à ce beau spectacle! Un plaisir d’improviser des pique-nique avec tout notre super équipement.

Nous continuons ensuite en direction de Swakopmund, ville où l’on retrouve partout l’influence allemande. Un épais brouillard est présent, ça fait bizarre! Swakopmund est au bord de l’océan Atlantique: la chaleur des dunes rencontre l’océan, d’où cette météo brumeuse 180 jours par an!

Après un rapide tour de la ville et au bord de la jetée, nous allons au restaurant pour la première fois de notre séjour namibien et passons une bonne soirée avant de regagner le campement à 20h!! Et oui, ici on mange tôt!!

Swakopmund  
Kücki’s pub  

Brève histoire de la Namibie

La Namibie a très vite suscité les intérêts européens. Tout d’abord, les gisements de guano ( utilisés comme engrais et comme composants de la poudre à canon) autour de Walvis Bay ont suscité l’intérêt des négociants allemands, puis la découverte des gisements de diamants en 1908 aboutit à la fondation de la ville de Lüderitz. Toutefois, les allemands ne profiteront pas longtemps de ces gisements puisque pendant la seconde guerre mondiale, l’Afrique du Sud envahit la Namibie sous la pression britannique. À la fin de la guerre, en vertu du traité de Versailles, l’Allemagne doit renoncer à ses possessions coloniales. Un grand nombre de fermes allemandes sont vendues à des Afrikaners. L’Afrique du Sud obtient avec la bénédiction de la Société des Nations un mandat pour administrer la Namibie. Mais l’Afrique du Sud veut plus et veut faire de la Namibie une province à part entière. Des mouvements de résistance côte namibien se développent (notamment la Swapo) ce qui aboutit à une guerre Afrique du Sud/Namibie en 1966. L’ONU déclare quelques années plus tard illégale la présence de l’Afrique du Sud. L’Angola qui accède à son indépendance dans les années 70 se joint au combat de la Swapo. Finalement après des années de guerre, la Namibie accède à l’indépendance en 1990. La Swapo est au pouvoir depuis cette période.

21
sept
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Publié le 24 septembre 2019

Jour 29

La matinée est consacrée à la visite de la colonie d’otaries de Cap Cross, colonie qui abrite près de 100 000 otaries et est la plus réputée de Namibie.

Cap Cross  

La proximité avec les animaux est totale. Ils ne sont pas farouches du tout!!! Quand nous arrivons, ça semble être l’heure du réveil... Beaucoup dorment encore sur le sable, d’autres sont déjà actifs. On les voit partir pêcher en se déplaçant maladroitement sur leurs pattes. Les eaux sont particulièrement poissonneuses par ici. Les bébés tètent leurs mères et ça piaille!!! Nous voyons les chacals qui rôdent, à la recherche de petits seuls ou vulnérables. Certains mangent des carcasses le museau plein de sang. Dure loi de la nature. Ce sont les chacals et les hyènes qui causent le plus de mortalité chez les bébés otaries.

Les otaries à fourrure du Cap vivent en collectivité pour se protéger des prédateurs mais sont en réalité plutôt solitaires. D’où les nombreuses querelles qui surviennent. On en a vu se mordre!! Les mâles pèsent environ 200kg. Les bébés muent après 4 ou 5 mois passant d’un pelage gris sombre au brun.

Nous passons plus d’1h30 à les observer! Un super moment!!

Nous prenons la direction du Damaraland en passant par une centaine de km de pistes totalement désertiques: pas un arbre juste quelques buissons épars et un soleil de plomb.

Nous arrivons à Spitzkoppe et ses magnifiques formations rocheuses d’origine volcanique qui surgissent au milieu de nulle part. Le Spitzkoppe culmine à 1728m.

Le camping est exceptionnel, un des plus beaux du pays. Très peu de campements et des emplacements en pleine nature et très isolés. La vue sur les roches de granit aux douces formes rondes est un enchantement.

Nous grimpons sur une des formations à l’aide d’une chaîne pour voir des vestiges d’art pariétal du peuple San. Les peintures ne sont pas très bien conservées mais nous impressionnent énormément. Des buffles, des girafes, des hommes avec un arc, des rhinocéros. Les peintures sont rouges et blanches: rouge (mélange de sang d’animaux et d’œuf d’autruche) et blanc ( extrait d’arbre). Ces peintures ont entre 2000 et 4000 ans.

Bushmen Paradise 
La descente se fait avec un chaîne  

Nous nous rendons à différents points de vue sur le Spitzkoppe Park et finissons avec un coucher de soleil magique.

Au campement, nous faisons un feu et mangeons dans la tranquillité la plus complète en pleine nature.

Coucher de soleil 

Jour 30

Lever à 5h50 pour assister au lever de soleil sur le Spitzkoppe. Les levers et couchers de soleil en Afrique sont de mon point de vue les plus beaux que j’ai vu. Le soleil rouge, la brume du matin et les arbres typiques de ces latitudes offrent une vision exceptionnelle.

La quiétude du matin dans un tel lieu! 

Nous prenons ensuite notre petit-déjeuner au campement. Puis partons visiter un autre site d’art pariétal du Spitzkoppe: le small bushman paradise. Les peintures ne sont pas en excellent état mais les explications du guide sont intéressantes.

Les San chassaient en utilisant les peaux et têtes des bêtes pour mieux approcher les animaux. Ils se mettaient à 4 pattes avec la peau de bête et lançaient une flèche empoisonnée à l’euphorbe (plante toxique). L’animal mourrait et ils faisaient cuire la viande pour évacuer le poison. Les animaux (rhinocéros, éléphants) peints sur la paroi sont dessinés de manière à indiquer la présence d’un point d’eau. Suivre les animaux c’était la certitude de pouvoir trouver des points d’eau. De même le poulpe indique la direction d’un lac salé: la présence de sel était nécessaire pour saler la viande, pour la faire sécher et de même pour les peaux afin qu’elles ne pourrissent pas.

Le massif du Spitzkoppe était un paradis il y a 2000 ans avec beaucoup d’animaux, beaucoup d’arbres et de points d’eaux . Aujourd’hui, c’est une région très sèche et et les bushman sont partis vivre dans le Kalahari.

Les bushman utilisaient les œufs d’autruche pour stocker l’eau. Des scènes de danse sont aussi représentées: les San buvaient une décoction à base de racines pour entrer en transe. Ces danses avaient pour but de demander la pluie, la guérison d’un proche ou une bonne chasse.

Nous allons voir ensuite des pierres tombales du peuple San.

Puis, nous prenons ensuite la route pour le Brandberg. Lors d’un arrêt à la station service des vendeurs ambulants veulent à tout prix nous vendre des pierres. Face à notre refus, ils insistent et nous demandent à manger: en disant qu’ils ont faim. Nous leur proposons des pâtes qu’ils acceptent immédiatement.

Nous nous installons ensuite au camping du Brandberg White Lady Lodge. Il est ombragé et de nombreux calaos à bec rouge investissent les lieux.

Apres le repas nous partons visiter le site d’art pariétal attenant. 5 km de marche aller/retour en plein soleil c’est assez rude!!

Le site abrite des peintures rupestres qui ont entre 8 et 5000 ans.

White Lady 

On a retrouvé des poteries sur le site qui prouve qu’il y a eu une influence européenne à cette période. Le site a été découvert en 1917.

Le découvreur l’a appelé «White Lady » en l’honneur du personnage principal qu’il a pris pour une femme mais en réalité il s’agit d’un chaman, homme qui pratiquait la médecine en invoquant les esprits.

Vue globale du site White Lady  

Le chaman entrait en transe avec plantes hallucinogènes pour demander de l’aide aux esprits (pluie, récolte, guérison). La «white lady» tient un œuf d’autruche remplit d’eau ( ancêtre du verre?!). Il y a également une représentation de squelettes qui montre qu’ils enterraient leur morts. La fin de l’art pariétal correspond pour les San à leur passage d’une vie nomade à une vie de pastoralisme.

Parler avec le guide est très instructif. Il a notre âge et parle parfaitement anglais. Nous l’interrogeons sur la situation du pays. Il fait partie de la tribu des Damaras. Il nous dit être content du gouvernement namibien actuel qui fait beaucoup pour répartir les richesses et réduire les inégalités. En revanche, il est inquiet par rapport aux relations du pays avec l’Afrique du Sud. En effet, l’Afrique du Sud connaît des difficultés économiques en ce moment et mène une politique de fermeture des frontières que ce soit en terme de population ou de marchandises. Les namibiens sont victimes d’actes racistes voire de violences (cf les meurtres de Nigérians à Johannesburg il y a quelques jours). Les tensions montent.

De plus, il nous parle du climat autre source d’inquiétude. Il n’a pas plu depuis 4 ans dans le Damaraland, ce qui n’arrive jamais normalement. La population est obligée de pomper dans les réserves des nappes phréatiques (et de plus en plus avec le développement touristique) et cela risque de s’aggraver.

Nous terminons notre journée sur ces questionnements par rapport à nos responsabilités en tant que touriste dans le développement ou non d’un pays et ses conséquences. Face à ce jeune homme de notre âge, nous ressentons aussi notre immense chance d’être « bien né » et d’avoir un passeport français. Comment s’en montrer dignes par nos actes au quotidien et en avoir plus souvent pleinement conscience?

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Jour 31 à 34

Encore 130 km de piste pour quitter le Damaraland et nous passons sur une route...bitumée! (Youhou!!) Nous voyons quelques stands le long de la route tenus par les Himbas, peuple traditionnel assez connu et des Hereros (les femmes portent une coiffe en forme de corne et une kyrielle de jupons) : tribus coexistants dans cette région et utilisant un peu leurs traditions pour le folklore touristique.

Après un stop technique à Outjo, où nous papotons avec des français en tour du monde, nous entrons dans le parc national d’Etosha par la porte sud et rejoignons le campement d’Okaukuejo. Etosha nous surprend tout de suite par sa luminosité folle, sa terre blanche dénudée et la poussière qui se dégage telle de la brume. Les animaux (et particulièrement les éléphants) prennent la couleur de cette terre blanchâtre et l’atmosphère y est presque mystique et fantomatique.

Vers 16h, nous partons pour un premier tour dans le parc. Nous observons des lionnes, un lion, des oryx et des autruches au point d’eau d’Okondeka. Au retour au campement, nous nous rendons au spot d’observation du camping. Et quel poste d’observation! Un point d’eau où l’on peut voir les animaux à notre hauteur à une centaine de mètres! Nous y voyons des éléphants (et éléphanteaux) et des girafes après le coucher de soleil, sous le nuage de poussière dégagée par la terre blanche du sol. Spectacle magique de la nature. Nous nous sentons tellement chanceux de voir cela.

Le charme irrésistible de la girafe 

Après le repas, nous y retournons et là, dans la nuit noire, le point d’eau d’Okaukuejo est investi par les rhinocéros: nous voyons 2 rhinocéros blancs et 1 noir. Nous les observons dans un silence total pendant plus d’une heure. La quiétude du lieu est dingue et cela fait partie de ces moments uniques, ces moments d’émotions folles où on se dit que l’on doit mettre toute notre énergie, tout notre argent pour voir les beautés du monde... De nuit, les photos ne rendent rien mais quand on se regarde avec Micka on se dit que jamais nous n’oublierons ce moment. Céline et Clément restent jusque 23h au point d’eau et verrons l’arrivée nocturne de lionnes venant timidement se faire une place près des rhinocéros! Ils verront aussi le rhino blanc affronter le rhino noir dans un combat de cornes!

Le lendemain, nous nous rendons à l’incroyable point d’eau d’Ozonjuitji m’Bari. Toutes les espèces se rejoignent: oryx, gnous, zèbres, girafes, springboks et autruches. Au moins une centaine d’animaux dans le point d’eau! On assiste à l’arrivée de groupes successifs dans un ballet incessant. Observer cela donne un peu l’impression d’être au théâtre.

Le point d’eau d’Ozonjuitji m’Bari 

Autre beau spectacle: celui de 5 lionnes à Okondeka, éveillées: nous en voyons une prendre en chasse un springbok (et le rater!), ainsi que des marques d’affection entre elles ou est-ce avec un petit? Les arbres sont recouverts de poussière blanche on dirait presque des cendres un paysage lunaire. Etosha c’est 22'000 km carrés, 5 fois moins qu’au début du XXème siècle, mais quelle profusion d’animaux!

On nous avait dit qu’Etosha était moins diversifié que le Kruger en terme de paysages. C’est vrai mais l’aspect lunaire donné par la terre de ce désert salin en cette fin de saison sèche est juste magique. Et quand aux animaux nous n’avons jamais vu une telle quantité en un même lieu au Kruger. A Etosha par contre, on en voit beaucoup moins sur la route. Deux parcs et deux approches d’observation différentes, deux parcs, deux visions magiques en terme d’observation et de paysages.

Le second soir nous dormons à l’Halali Campsite. Le camping dispose d’un très beau point d’observation avec vue sur un point d’eau. Nous y allons au coucher de soleil et de nuit vers 21h. Nous y voyons un rhinocéros venu boire et des hyènes. Le camping est à taille humaine et tout le monde vient au poste d’observation. Nous sommes une cinquantaine ou soixantaine de personnes mais on pourrait entendre les mouches voler, ou plutôt le bruit du clapotement de langues des hyènes buvant. Tout le monde est dans une forme de respect et d’admiration pour le monde vivant. Le temps s’arrête et on reste captivé par quelques mouvements, quelques scènes de vie de ces animaux fascinants. Observer un point d’eau est la garantie de voir plein d’espèces différentes. On assiste aux allers et venues: certaines viennent boire, d’autres repartent. Certains animaux «s’affrontent » rappelant les rapports de force qui peuvent survenir au sein d’une même espèce ( mâle dominant etc...)

En quittant Halali, nous nous rendons à Ritfontein : nous assistons à l’arrivée de 2 lionnes, 3 lionceaux et un lion fermant la marche. On les voit traverser la végétation et se rendrent au point d’eau, boire, puis aller s’allonger à quelques mètres de là pour un somme bien mérité. Les lionceaux jouent ensemble ils sont hyper espiègles. Pendant ce temps, zèbres, koudous, springboks sont en alerte maximum et attendent patiemment de pouvoir à nouveau accéder au point d’eau en toute sécurité.

Impalas à face noir au point d’eau de Goas

L'observation des éléphants aux points d'eau est un grand moment. Nous les voyons vraiment de près et voir ces scènes de vie quotidienne, ces bains où ils s’immergent avec délectation et abandon est fabuleux. Les éléphants d’Etosha sont les plus gros d’Afrique. Recouverts de poussière blanche, de sable blanc ils sont encore plus massifs et on dirait des fantômes errants de leurs pas lourds. Pas de mots pour décrire la beauté de ces bêtes imposantes.

Nous voyons des dizaines et des dizaines de zèbres, girafes toujours aussi gracieuses, des troupeaux de gnous. La honey badger toute petite nous fait craquer! Et en arrivant à Namutoni nous voyons encore un rhinocéros noir!! Quelle chance immense!!

Après cette nouvelle journée exceptionnelle nous campons pour nos 2 dernières nuits à Etosha au Tamboti Campsite, un camping ultra confort (malheureusement hors du parc mais il n’y avait plus de place) où nous avons notre propre bloc sanitaires douche/vaisselle! Le top! Et ils vendent même des milkshakes à la réception! Ça nous change dans notre routine alimentaire!

Pour le dernier jour à Etosha, nous commençons par le point d’eau de Chudop. Puis nous observons une scène de chasse pendant 1h30. Une lionne est en observation, tapie dans les hautes herbes guette les springboks venant boire au point d’eau. On la voit contracter ses muscles, se dresser puis de nouveau se cacher... Finalement malgré plusieurs fausses alertes, elle n’attaquera pas sous nos yeux... Les springboks l’ont repéré et évoluent en groupe bien à distance...

En suivant une voiture de safaris, nous arrivons à voir un guépard de dos qui se faufile après quelques secondes dans les hautes herbes! On est comme des fous! Nous passons une bonne demi heure à essayer de le retrouver dans le secteur mais en vain... Les léopards et les guépards sont tellement furtifs que les voir est très difficile et demande sûrement plus d'expérience. Ils nous donnent du fil à retordre mais on n’a pas dit notre dernier mot.

Ces 3 jours et demi dans le parc d’Etosha ont été magiques! Nous avons sillonné le parc dans tous les sens sans jamais nous lasser. Etosha nous a soufflé, nous a fait vibrer, subjugué, fait rêver.

Un grand moment de ce voyage en Namibie!

26
sept
26
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Publié le 4 octobre 2019

Jour 35

Route pour Divundu. Nous nous arrêtons pour quelques courses à Grootfontein. Quelques personnes s’agglutinent autour du 4x4 et nous demandent de l’argent. Nous filons vite car l’ambiance devient pesante. Près de Rundu les villages traditionnels se succèdent avec de petits huttes carrées en bois et toits de chaume. Les petits hameaux sont entourés de barrières en bois pour se protéger des animaux sans doute. On ne voit pas de pauvreté comme on a pu voir ailleurs mais plus une vie pastorale avec des troupeaux. Il y a de l’eau dans cette région, les arbres refont leur apparition, des écoles... Une vie très simple mais qui semble plus apaisée que dans les zones désertiques et hostiles du Namib et du Damaraland que nous avons traversé précédemment où on avait l’impression que les gens n’avaient vraiment rien et étaient très maigres.

Sur la route de Divundu 

Après Rundu, nous longeons le fleuve Okavango. Nous entrons dans la bande de Caprivi. La bande de Caprivi est une zone hautement stratégique puisqu’elle offre un accès au Zambèze. En 97/98, cette zone fût en conflit pour un désaccord sur la gestion de l’eau entre la Namibie et le Botswana. Puis plus récemment des groupes rebelles locaux (le CLA soutenu par des rebelles angolais) ont mené des combats armés pour l’indépendance de la bande de Caprivi. La région a donc été une zone de conflits jusque récemment (2002).

Nous roulons encore quelques kilomètres et d’un coup le fleuve se découvre sous nos yeux! Magnifique, large et tellement mythique! On ressent une grande émotion à le voir! Il y a quelques nuages on sent qu’il y’a beaucoup plus d’humidité.

Nous nous installons au N’gepi camp, magnifique camping au bord de l’Okavango. Très arboré, très nature, l’ambiance y est décontractée on s’y sent de suite bien. Les douches et toilettes sont en plein air au milieu des arbres entourés de canisses!! Un vrai retour à la nature!!

N’gepi camp  
Un vrai retour à la nature!

Le camping organise des tours en bateau sur l’Okavango. Nous partons donc pour 1h30 sur un petit bateau à fond plat à 4 places rien que pour nous! Nous voyons des crocodiles qui laissent voir leurs yeux menacants au ras de l’eau, de nombreux oiseaux (white front-Head bee eater, cormorans), des grivets, une loutre. Puis en longeant une réserve nous entendons les éléphants barir. Plus d’une vingtaine d’éléphants arrivent au bord de l’eau pour boire! Vision incroyable au coucher de soleil! Il y a de nombreux éléphanteaux. Les vues sur l’Okavango au coucher de soleil sont superbes.

La photo de la famille "éléphant "

Nous terminons par l’observation de quelques hippopotames qui nagent et montrent furtivement leurs yeux quand ils reprennent leur respiration. A cette heure là, ils ne sont pas sur la rive. Comme il y a du vent ils préfèrent rester sous l’eau.

Après ce tour en bateau nous prenons l’apéritif, goûtons un vin sud africain pour fêter l’anniversaire de Céline. Fêter ses 27 ans au bord de l’Okavango quel souvenir!! Nous enchaînons quelques parties de tarot mexicain, quelques bières pour les garçons! Une super soirée dont on se rappellera longtemps!

Avoir 27 ans sur l’Okavango... 
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Publié le 10 octobre 2019

Jour 43

Au petit matin, Céline et Clément partent en excursion pour 2 jours et nous restons au camping pour notre dernière journée à Maun. Les au revoir sont très émouvants et les larmes coulent à flot pour Céline et Julie.

Nous nous octroyons une journée de repos au camping. On mange tranquillement, on se boit des cafés. On fait juste quelques courses, le plein d’essence, trions nos photos, surfons un peu sur internet. Ça nous fait du bien de nous reposer même si on est vraiment nostalgiques que cette belle étape tant attendue se termine!

Journée repos à l’Old Bridge Backpacker

Jour 44

Après un petit déjeuner tranquille nous prenons la route pr Windhoek. Nous roulons un peu moins de 7h et nous posons dans un camping d’étape après la frontière botswano-namibienne. Le camping (Zelda Guesthouse Farm) est hyper agréable: de beaux emplacements qui portent chacun le nom d’un animal sauvage (on choisit le léopard😉). On aperçoit quelques animaux au point d’eau du camping (zèbres, oryx et gnous). On est agréablement surpris par cette petite étape qui prolonge le voyage.

Quel plaisir d’avoir voyagé sous cette forme en camping. Le sentiment de liberté est tellement énorme.

Le 4x4 était vraiment bien équipé et aménagé de manière exemplaire: tout l’espace est potentialisé, la table qui se glisse contre le toit, les chaises pliantes, la vaisselle bien rangée dans des housses, le frigo, le barbecue, le réservoir d’eau hyper pratique, le gaz, les caisses de stockage de nourriture et tout le matériel pour l’entretien: compresseur, pelle, corde. Les garçons sont contents d’avoir acquis de nouvelles compétences et un sens de la débrouille même si on est loin des nombreux touristes Sud-africains suréquipés et surcompétents en conduite off road qu’on a pu croiser: des vrais Mac Gyver! Ils arrivent à garder leur chemise bien repassée et sentent l’eau de Cologne alors qu’ils viennent de se désensabler pendant que leur femme improvise un barbecue avec œufs brouillés et vin sud africain en 2 temps 3 mouvements. Ils te sortent de nulle part le tournevis qui te manquait pendant que tu tentes péniblement d’allumer le gaz en plein vent. A peine installés au camping, ils ont repéré un rhino à 3 km sans jumelles pendant que tu en es encore à ramasser la sauce tomate qui a coulé dans le frigo car tu as oublié de caler le pot avant de t’engager sur 100km de piste... Pas de doute, ils sont des campeurs « High Level » et jamais avares de bons conseils.

En tout cas la conclusion avec Micka, c’est que ça nous a ouvert à une nouvelle forme de voyage et qu’on aimerait bien faire un road-trip en van quelque part ou même camper plus souvent en France. Vivre tout le temps dehors quand il fait beau comme ici c’est tellement agréable, ça fait vraiment déconnecter.

Jour 45

Départ à 8h pour la dernière portion de route et nous rendons le 4x4 à Namvic à 11h. L’accueil n’est pas très agréable et le gars veut nous faire payer un supplément car le 4x4 est sale à l’extérieur. Comment pourrait il en être autrement après 3 semaines de piste? Micka ne se laisse pas faire et finalement le gars s’excuse... mais le 4x4 est passé au crible: châssis, pneus, matériel et carrosserie.

Le gars nous ramène ensuite à notre appart’hotel à Windhoek. Il semble complètement au bout du rouleau. Il n’a plus d’essence, le compteur affiche 21km restants et il y a....21km jusqu’à Windhoek! Moment de solitude pour le gars qui stresse à fond et semble vraiment au bout de sa vie. Finalement on arrive à bon port.

Fin de l’aventure 4x4. Le 4x4 Rhino Cab immatriculé N6284OT aura parcouru 5786km! (Chapeau à nos 2 super drivers!)

A l'hôtel, nous faisons une bonne lessive afin de repréparer nos valises pour la suite du voyage. Nous faisons un rapide tour dans le centre de Windhoek voir la Christuskirche (1907) et de l’extérieur, le musée de l’indépendance avec la statue de San Nujoma père de l’indépendance et premier président de Namibie.

Christuskirche  
Musée de l’indépendance 
Les dollars namibiens: kudus et oryx!!