Guatemala

10 jours au Guatemala, au cœur du monde maya!
Février 2020
10 jours
22
fév

Jour 183 à 185

Nous atterrissons à l’aéroport de Guatemala City. La capitale du pays n’a pas bonne réputation en matière de sécurité ni en terme d’intérêt touristique. Nous filons donc directement en direction d’Antigua, à une heure de là, Antigua, l’ancienne capitale du pays au temps des Espagnols.

Nous pensions prendre une shuttle mais nous nous rendons compte qu’un UBER coûte le même prix qu’une navette donc on ne se fait pas prier et 1h après nous sommes à Antigua. Le chauffeur est adorable et nous accompagne jusqu’à la porte de notre auberge et attend d’être sûr que quelqu’un vienne nous ouvrir pour repartir. Trop chou! On constate depuis le début du voyage que les chauffeurs UBER sont tous, sans exception, adorables et très sérieux. Passer par cette application est un gage de sécurité très précieux dans des pays où elle n’est pas toujours assurée. De plus, ça évite les échanges d’argent et la négociation puisque toute transaction passe par l’application. Vraiment, on apprécie.

Au Guatemala, la majorité de la population descend des Mayas. Les indiens représentent plus de 60% des 15 millions d’habitants du pays. Près de 23 langues indigènes sont reconnues. Nous changeons aussi de monnaie: ici c’est le Quetzal.

Notre auberge de jeunesse est un peu bab’s et pas très bien entretenue mais l’accueil y est sympa et les petits déjeuners sont servis sur la terrasse d’où l’on a une vue imprenable sur les volcans!

Notre auberge de jeunesse. Bon on s’est presque pris pour Cloclo sous la douche... mais sinon petit déjeuner avec vue imprenable! 
Vue sur le Volcan de Agua depuis la terrasse de l’auberge.

La ville d’Antigua nous plait tout de suite. Nous avons beau avoir vu pas mal de belles villes coloniales ces dernières semaines, elle passe en première position par sa topographie. Elle est entourée par 3 volcans absolument majestueux que l’on voit de n’importe quel coin de la ville. Le volcan Fuego est le plus impressionnant car il est actif et dégage un panache de fumée régulièrement! La nuit, ce panache est rouge et l’on voit donc distinctement que c’est en fait de la lave qui s’échappe du sommet! Incroyable! On ne se lasse pas de ce spectacle et attendons les mini éruptions qui se déroulent sans réelle régularité avec impatience!

Le volcan Fuego, dégageant un joli panache de fumée. 

Il culmine à plus de 3700m. Malheureusement, une éruption plus importante a eu lieu en 2018 causant la mort de pas mal de villageois qui visiblement n’ont pas été alerté à temps. Il y a pourtant un système d’alarme à Antigua.

Il est possible d’aller observer ce volcan de près en faisant l’ascension de son voisin, l’Acatenango dont le sommet est à 3976m. La randonnée se fait sur deux jours avec une nuit près du sommet. Après moultes hésitations, nous avons renoncé à le faire en raison de la météo incertaine. Le risque d’être dans les nuages et de ne rien voir était assez important! La météo est un peu capricieuse par ici...

Antigua est donc comme on le disait une ville coloniale, fondée par les espagnols en 1543. Elle fût pendant longtemps la capitale d’un territoire allant du Chiapas au Panama. De nombreuses églises et couvents ont été construit à cette période. Mais les tremblements de terre répétés (en 1717 et 1773 notamment) eurent raison de la patience des Espagnols, qui, fatigués de rebâtir sans cesse, décidèrent de déplacer la capitale plus loin, à l’actuelle Guatemala City.

Antigua 

Les églises et couvents sont donc restés en l’état et le spectacle de ces bâtiments en ruines donne un cachet fou à la ville. Entre désolation et havre de paix, ces ruines sont le témoignage d’une ville restée figée dans le passé.

Le couvent Santa Clara, le cloitre et sa fontaine centrale.
Construit en 1699, il abritait des nonnes. Il fût laissé en l’état après le tremblement de terre de 1773.

La cathédrale nous a particulièrement impressionné. Sa façade est très belle, blanche, baroque alors que l’arrière n’a pas été rénové suite au tremblement de terre de 1773.

La place centrale avec la cathédrale et le volcan Agua 3760 m.

On évolue donc dans un dédale de ruines, dans une cathédrale à ciel ouvert. On peut s’imaginer soit dans un paysage de désolation, soit s’imaginer aussi à l’époque de sa construction... quand elle était encore inachevée. Tout dépend comment on voit les choses. Au moment de notre visite, ils diffusaient un petit air de musique classique en fond sonore rendant l’atmosphère encore plus magique!

Cathédrale d’Antigua 

Tout près de l’église San Pedro, on peut voir de beaux lavoirs du XVIIIème siècle.

Église San Pedro 
Lavoirs 

L’église de la Merced est l’une des plus vieilles et des plus belles églises de la ville. Sa façade est jaune et blanche avec des motifs de grappes de raisins. Depuis le couvent attenant, on a une jolie vue sur les volcans.

Église de la Merced 
Couvent de la Merced 

Le Parque central est la place principale d’Antigua. Une jolie fontaine se trouve au milieu: elle représente des sirènes, l’eau jaillissant de leurs seins, comme symbole de fertilité.

Fontaine du Parque Central 

Sur cette place, on croise des musiciens et beaucoup de vendeuses qui vendent des souvenirs: poupées, foulards et tissus en tout genres. Il y a aussi plusieurs marchés d’artisanat dans la ville. C’est vrai que tous ces produits aux motifs indiens très colorés font envie!

Marché d’artisanat devant l’église del Carmen

Nous assistons aussi à une procession impressionnante. Un Christ et sa croix sont portés à bout de bras par une dizaine d’hommes en musique. On ne sait pas pour quelle fête religieuse ou occasion a lieu cette procession, mais l’ambiance est solennelle. Les femmes ont même un foulard noir sur la tête.

Procession sur le Parque Central

Les rues de la ville sont entièrement pavées, de ces pavés à la fois ronds, irréguliers et bosselés rendant la circulation automobile difficile. Malheureusement ça ne décourage pas les voitures. On a regretté qu’il n’y ait pas un petit coeur de ville piéton.

Rues d’Antigua 

Il y a quelques tuk-tuk qui proposent leurs services pour vous mener d’un coin à l’autre de la ville. Vraiment marrant de voir ici ces tricycles qui ne sont d’habitude présents qu’en Asie. Et bien, contrairement à ce qu’on pensait il y en a aussi en Amérique latine. On en avait vu dans un village au Mexique près de Oaxaca et là, de nouveau, à Antigua.

Tuk-tuk.... 

L’autre mode de transport local, ce sont les « chicken bus », de vieux bus scolaires américains qui sont ici utilisés pour des transports locaux, sur de longues distances parfois. Ils sont hyper esthétiques et les conducteurs les briquent et en prennent grand soin! Par contre, pour le confort, les filtres à particules et la sécurité il faudra repasser!! Ce sont des bus pour les locaux pas pour les touristes.

.....et bus guatémaltèques!

Nous avons sillonné les ruelles d’Antigua en long et en large, toutes plus belles les unes que les autres.

L’arche de Santa Catalina et au fond l’église de la Merced.
Et la perspective la plus célèbre de la ville: l’arche et le volcan Agua au fond.

Le marché nous a également beaucoup plu. Peu fréquenté des touristes on a pu observer les locaux venir faire leurs courses: les stands de viande toujours impressionnants avec les carcasses pendues à des crochets, les produits frais (lait et yaourts) traînant dangereusement à l’air libre... les nombreux fruits et légumes... On a vu pas mal de femmes habillées en tenue traditionnelle: petit haut et jupe très colorée avec une sorte de ceinture à la taille, avec aux pieds la plupart du temps des sandales. On adore!! Ces tissus sont tellement beaux!

Marché d’Antigua 

Nos soirées à Antigua ont été assez magiques car contrairement aux villes mexicaines que nous avons visité, Antigua est beaucoup plus touristique. Ça peut être un point négatif, mais, qui dit lieu touristique, dit lieu animé. Et les soirées à Antigua sont beaucoup plus animées qu’autour de Mexico. On a donc apprécié les petits restos et les terrasses éclairées de petites loupiotes... Certes, les prix sont plus élevés qu’au Mexique mais ça faisait du bien de pouvoir se faire servir après 19h sans que les serveurs soient en train de tout plier et passer la serpillère pendant que l’on termine notre assiette! Nous avons jeté notre dévolu notamment sur une crêperie française (oui on sait, ce n’est pas exotique!). Mais quel plaisir de retrouver certaines saveurs non épicées! Nous avons délaissé la tortilla de maïs pour la pâte de sarrasin!!😉 C’est là, qu’en terrasse, les yeux rivés sur le volcan Fuego cracheur de lave, nous avons fêté nos 6 mois de voyage.

Terrasse avec vue! 
25
fév

Jour 186

Nous nous levons tôt pour un dernier petit tour matinal dans Antigua. Puis, nous prenons une shuttle qui nous emmène à Pajanachel, la ville principale au bord du lac Atitlán.

Comme toujours avec les shuttles, le plus long est souvent de récupérer tous les passagers à leurs hôtels avant de pouvoir enfin prendre la route. Nous tournons dans Antigua pendant plus d’une heure! C’est un peu pénible! La route jusqu’à Pajanachel passe ensuite assez vite. On traverse des paysages montagneux avec pas mal de forêts et pas mal de virages. Nous passons un gué sur un passage de route entièrement en terre, mais le reste de la route est plutôt en très bon état. Nous mettons 2h30 pour faire 89 km.

Le chauffeur très sympathiquement, nous arrête à un joli point de vue où l’on embrasse l’intégralité du lac du regard. Il y a comme une immense vague de brume qui couvre le lac, et les nuages se forment en nombre à cette heure ci de l’après-midi.

Vue du lac Atitlán depuis le mirador

Nous rejoignons rapidement notre auberge, plutôt bien confortable. Nous regrettons seulement qu’elle soit tenue par des occidentaux qui font travailler des volontaires de helpX ou workaway dans leur auberge au lieu d’embaucher du personnel local. On assiste un peu aux travers de cette mode du volontariat à l’étranger... faire du volontariat c’est bien mais si c’est juste pour que des occidentaux se fassent plus de beurre grâce à cela et en plus ne participent pas à développer l’économie locale, c’est franchement pas terrible. Bref, fin de la parenthèse.

Nous partons nous balader de suite sur les bords du lac. Le lac Atitlan a été formé par une éruption volcanique il y a 85 000 ans. D’une longueur de 18 km sur 8 de large, il a par contre une profondeur impressionnante, jusque 350 m! Le lac est superbe et a, sans chauvinisme, des petits airs de lac d’Annecy. 😉 Mais ce qui fait son charme particulier, c’est vraiment le fait qu’il est entouré de 3 volcans de plus de 3000 m d’altitude, des cônes absolument parfaits.

Vue sur les volcans depuis Pajanachel 

Nous profitons des belles lumières de la fin d’après midi et du coucher de soleil sur le lac.

Coucher de soleil sur le lac

Pajanachel est très touristique et animée, surtout le week end. Des loisirs tels que le parapente fleurissent sur le lac.

On a quand même le plaisir de voir pas mal de locaux. Les femmes sont nombreuses à porter leur tenue traditionnelle et elles sont vraiment gracieuses. Les Guatémaltèques sont vraiment plus belles que les mexicaines!!

Jour 187

Pour notre journée de visite sur le lac Atitlan, nous nous levons aux aurores pour prendre un des premiers bateaux pour le village de San Pedro. On attend patiemment que la lancha se remplisse. Chaque lancha peut accueillir une quinzaine de personnes.

Vue sur le volcan San Pedro 

Une fois parti, on rejoint le village en 20/25 minutes de traversée. San Pedro est de l’autre côté du lac par rapport à Panajachel, au pied du volcan San Pedro.

A bord des lanchas  

Nous prenons un petit déjeuner délicieux dans une jolie courette ombragée avant de démarrer notre visite.

Le village de San Pedro se réveille tranquillement. Le marché local nous ravit. Les femmes viennent y faire leurs achats, fruits & légumes, œufs par dizaines et tortillas faites à la main qui sont préparées en direct sur une plaque chauffante.

Marché de San Pedro 

C’est un plaisir pour les yeux car c’est une débauche de couleurs. Au lac Atitlan les femmes portent toutes la tenue traditionnelle. On sent que c’est encore bien ancré et pas juste du folklore. Comme je le disais peut être déjà dans un article précédent, il y a quasiment autant de style de tenues que de villages ou régions au Guatemala. Les motifs et les couleurs varient, mais ce sont toujours des couleurs vives, avec un petit bustier, une ceinture large qui dessine bien la taille et une jupe longue en tissu bien épais. A cela s’ajoute parfois un tablier et pour celles qui suivent le plus la tradition (les femmes les plus âgées), une coiffure particulière: 2 longues tresses reliées par un ruban. Les hommes portent aussi une tenue traditionnelle mais nous n’en avons pas vu à San Pedro. Il faut aller dans des villages plus reculés.

Vente de tenue traditionnelle au marché 

Les habitants autour du lac vivent de la culture du café: il y a des champs de café sur les hauteurs du lac et le café représente 10% de l’économie du Guatemala, à égalité avec le tourisme. Il va s’en dire que l’économie du pays oscille au rythme de l’évolution du cours du café.

Caféier, tuk tuk local etc... 

Il y a aussi des cultures de maïs et un peu de pêche, mais nous n’en avons pas vu. Le lac Atitlán est malheureusement très pollué, non moins en raison du tourisme que de l’épandage massif ce qui rend la baignade et la consommation de poissons déconseillées.

Église du village 

Autour du lac, les maisons sont en béton brut. Pas vraiment charmantes, juste fonctionnelles. Il y a pas mal de street art qui égayent un peu ces façades de béton.

Street art représentant le mode de vie traditionnel au lac Atitlán. 

Les femmes lavent le linge dans l’eau du lac. Nous en voyons plusieurs, corbeilles à la main. Ça frotte, ça frotte. La langue parlée ici est une langue indigène descendant directement du dialecte des mayas.

Lessive au bord du lac 

Les bords du lac ne sont pas vraiment aménagés pour y flâner mais nous profitons de quelques points de vue au détour des ruelles.

Rues de San Pedro 

L’autre intérêt du lac réside bien sûr dans ces volcans et nombreuses balades autour du lac. Le gros point noir c’est l’insécurité qui rendent ces balades impossibles à faire seuls. En effet, si on se balade seul le risque est grand de se faire dépouiller sous la menace d’une machette. Des pratiques qui sont connues, certains disent que les guides sont de mèche avec ces gens là pour obliger les touristes à passer par leurs services. En tout cas, de savoir cela, ça gâche un peu le plaisir. Pour tout dire, on se sent un peu « captif » au Guatemala. Un pays où on ne peut pas faire grand chose par soi même mais souvent avoir recours aux services des agences locales. En tout cas pour les voyageurs lambdas que nous sommes. On le savait avant de venir donc c’est le jeu mais Micka ne peut s’empêcher de rêver location de voiture ou de scooter, lui qui aime tant sa liberté!

Pause repas face au lac 

Nous rentrons sur Panajachel dans l’après midi. Les nuages se sont développés et cachent désormais la vision des volcans. L’eau du lac s’agite l’après midi sous l’effet du vent, le xocomil comme ils l’appellent ici. Le retour est donc un peu mouvementé mais pas de « mal de lac » à déclarer!

Nous n’aurons eu qu’un bref aperçu du lac mais ça nous aura bien plu. Nous restons impressionnés par le nombre d’occidentaux venus ouvrir un business ici: hôtel/ restaurant/ centre de yoga etc. Ce sont des choix de vie particuliers. ce sont des gens qui ont du vraiment tomber amoureux des lieux au point d’y poser leurs valises pour des années renonçant à une certaine mobilité.

Soirée à Panajachel  

Jour 188 

Nous quittons la région des hautes terres, l’altiplano Guatémaltèque en reprenant un bus pour Guatemala City pour ensuite rejoindre Flores. Encore une longue journée de transport. C’est fou la chance qu’on a en France de pouvoir se déplacer rapidement et facilement. C’est vraiment pas le cas partout!

La joie des transports!

Aujourd’hui, c’est Mardi Gras et nous voyons tous les enfants de Panajachel rejoindrent l’école déguisés. Même les instituteurs jouent le jeu!

29
fév

Jour 189

Flores est située dans la région la plus vaste du pays: le Peten. Au nord du Guatemala, le Peten est une immense zone de forêt tropicale à faible densité de population. Une zone malheureusement soumise comme toutes les zones de forêt à la déforestation.

En tout cas, le climat ici change des hauts plateaux, on a chaud, très chaud et le mot tropical prend tout son sens! Micka a d’ailleurs du mal à encaisser le changement de température.

Flores est un petit îlot situé au bord d’un grand lac, le lac Peten Itza.

L’îlot de Flores sur le lac Peten Itza (photo du net!) 

Nous passons une journée tranquille dans cette jolie petite ville de Flores, reliée à la terre ferme par un pont. C’est une petite enclave touristique bien protégée et respirant la quiétude.

Flores, au petit matin 
Chiller à Flores... petit-déjeuner avec vue sympa et Micka devant notre petite auberge. 

Nous nous baladons, nous reposons, nous bavardons sur quelques jolies terrasses. Nous organisons nos prochaines journées de visite et nos transports. Nous logeons dans un petit hôtel tenu par des locaux. On est contents d’être enfin chez des locaux, chose pas si facile au Guatemala ou tant d’établissements sont tenus par des occidentaux. La proprio gère sa petite affaire d’une main de maître et se montre très disponible pour nous aider à réserver nos différents bus etc...

Ruelles de Flores 

Les lumières de fin de journée sont particulièrement belles. On se fait un joli petit tour photo. Le spectacle des lanchas qui fendent l’eau du lac tout calme en fin d’après-midi est particulièrement sublime. Ça fait vraiment carte postale.

Sunset  time

Le soir, les locaux investissent la place du village située sur les hauteurs. Devant l’église les jeunes enchaînent les matchs de basket pendant que les anciens bavardent tranquillement.

Encore quelques vues de Flores en fin de journée.... 

Jour 190

Au petit matin, nous avons la mauvaise surprise de nous réveiller sous des trombes d’eau!!! Il fait froid et le ciel noir! Après avoir râlé qu’il faisait trop chaud hier, nous voilà bien dépourvus! Nous avions prévu de visiter Tikal, LE site archéologique du Guatemala. Mais avec cette météo, nous revoyons nos plans avec l’aide de la propriétaire de la Guesthouse. Nous décidons d’aller visiter le site de Yaxha, une excursion a lieu l’après-midi. La pluie devrait s’être calmée d’ici là.

Nous partons donc pour 2h de minibus aller et 2h retour. Les sites mayas se méritent au Guatemala! Ils sont vraiment situés en pleine jungle! Nous avons choisi l’option « visite par nous mêmes ». Le guide qui est à bord du mini bus essaye de nous convaincre de prendre un tour avec lui par des méthodes plutôt douteuses. Il nous montre des photos de serpents, serpents que l’on risque de rencontrer sur le site... Quand on lui répond qu’on sera prudent et que les serpents ne s’attaquent pas à l’homme si on ne les surprend pas ou qu’on ne leur marche pas dessus, il nous répond: « si, si!! Ceux là, ceux du Guatemala s’attaquent à l’homme!! ». Sacré Gus! (bon, je mets fin de suite au suspense, nous avons fait la visite seuls et n’avons pas croisé l’ombre d’une queue ou d’une tête du moindre serpent...).

Yaxha est une ancienne cité maya dont le nom signifie « eau verte ». En effet, la cité était bordée par une lagune, grand réservoir d’eau douce pour les mayas. A son apogée entre 250 et 600 après J-C elle compta jusqu’à 42 000 habitants avant d’être progressivement abandonnée à partir de 900 après J-C.

Belle stèle représentant un guerrier avec les attributs du dieu Tlaloc, dieu de la pluie, un des dieux mayas les plus importants.

Plus que les ruines en elles même qui sont encore majoritairement enfouies sous la végétation, c’est le cadre qui est incroyable. La forêt est partout, une vraie jungle, avec en fond sonore les cris des singes hurleurs qui vous glacent le sang lorsqu’on les entend pour la première fois! On nous aurait dit que c’était des jaguars ou des pumas on y aurait cru au vu de la puissance du cri! Il y a aussi d’autres espèces de singes plus sauteurs qu’hurleurs qui évoluent de branches en branches dans un joyeux barouf! Ça grouille de vie dans cette forêt!

Le long de la Calzada de las canteras, ancienne grande chaussée qui traversait la cité de Yaxha.

La majorité des 400 structures du sites sont encore couvertes de végétation. Nous voyons de nombreuses collines aux formes bizarres qui ne sont rien d’autre que des pyramides mayas encore enfouies sous la verdure!

De curieuses buttes sous lesquelles sont cachées des structures mayas: palais et pyramides... 

Le site bénéficie de fonds allemands pour sa préservation et le responsable de la campagne de restauration tient particulièrement à garder l’âme du lieu. Son objectif n’est donc pas de dégager de nouvelles ruines mais plutôt de les laisser telles qu’elles avec la forêt comme protection naturelle. Ça se défend comme idée, même si notre curiosité nous pique au vif! On aurait aimé en voir plus!

Vue sur la lagune depuis l’ancien observatoire astronomique: ancienne pyramide non dégagée, à laquelle on accède par 1 passerelle.

En tout cas, la visite du site de Yaxha est malgré la météo mitigée un ravissement. Nous marchons sur plusieurs centaines de mètres le long d’une grande allée, ancienne chaussée maya, en pleine forêt, avant de découvrir nos premières ruines. Les sites sont assez éloignés les uns des autres et ces moments de marche en forêt sont vraiment agréables.

Arrivés à l’Acropolis nord, un ensemble de 3 pyramides, parfaitement dégagées, nous vivons un moment de grâce! Nous avons le lieu pour nous. Nous grimpons au sommet d’une des pyramides et découvrons un panorama à 360 degrés et à perte de vue sur la forêt du Peten. Et nous entendons toujours les singes hurleurs en toile de fond!

On est pas bien là-haut?! 

Cela réactive des souvenirs vraiment forts de nos visites dans le Yucatan en 2017 où nous avions eu un vrai coup de cœur pour ces pyramides mayas. Difficile de décrire ce que l’on ressent quand on est au sommet de ces pyramides. Les amateurs de vieilles pierres comprendront. On a l’impression de toucher du doigt la grandeur de ces civilisations anciennes. On se sent privilégiés, vraiment, de fouler ces pierres, ces lieux chargées d’histoire.

Acropolis Nord, ensemble de 3 pyramides 

Le site de Yaxha a été fouillé par l’archéologue suisse Maler à partir de 1904. Les conditions d’accès et de vie sur le site étaient vraiment difficiles à l’époque.

La forêt à perte de vue 

Après la visite de l’Acropole nord, nous poursuivons avec la visite des autres édifices du site, moins impressionnants, mais nous passons un bel après midi à crapahuter de ruines en ruines avant de rentrer, de nuit à Flores.

Edifice 216: templo de las manos rojas, le plus haut de Yaxha.
Plaza de las Sombras, c’était un lieu de rassemblement pour des cérémonies religieuses selon les archéologues.

Jour 191

Ce matin, pas de pluie juste un ciel un peu gris. Après avoir refait le monde avec un couple de retraités canadiens adorables pendant le petit déjeuner, nous partons vers 8h en direction de Tikal. 2h de route nous attendent. Le chauffeur de bus n’est pas pressé, l’achat des tickets d’entrée sur le site prend 1h.... et pendant ce temps il laisse tourner le moteur (à croire que l’essence ne coûte rien ici?!). Pour tout dire, nous sommes un peu frustrés d’être dépendant des navettes pour se rendre à Tikal car elles imposent des horaires fixes (départ à 8h retour à 15h), ce qui laisse peu de temps pour profiter du site. Mais bon, on essaye de rester zen face à la nonchalance guatémaltèque, c’est ça aussi le jeu du voyage!

Arrivés à Tikal, nous sommes surpris par l’immensité du site et l’omniprésence de la forêt. Très peu de ruines au final sont dégagées et le site garde encore tous ses secrets.

Qui dit jungle, dit animaux! Les singes hurleurs, les nombreux oiseaux ( toucans, piverts) et les coatis et autres faisans peu farouches se font entendre ou se laissent apercevoir.

Un coati et la jungle de Tikal avec quelques frontons de temple qui dépassent!  

Les Mayas ont choisi le site de Tikal pour y exercer le commerce du silex, des plumes et du bois. Le site était pourtant exigeant, la nature y reprenant très vite ses droits et l’eau douce y était rare. ( ils s’approvisionnaient probablement en eau douce par stockage de l’eau de pluie).

Comme Yaxha que nous avons visité hier, le royaume de Tikal connut son apogée à la période classique c’est à dire entre 250 et 900 après JC. Tikal était à la fois un centre religieux et une cité active, commerçant avec Teotihuacan et exerçant son influence jusqu’au Honduras. 90000 personnes y vivaient.

La cité connut un déclin progressif après 900, période à laquelle les habitants migrèrent vers le nord probablement en raison de la surpopulation, de périodes de sécheresse successives entraînant des famines et d’un certain épuisement des ressources dus par exemple à la déforestation massive. (Un exemple à petit échelle de ce que vit notre planète actuellement?)

A l’époque, les édifices étaient recouverts de peintures aux couleurs vives et de gravures. Mais l’humidité de la région et les phénomènes d’érosion du calcaire ont tout fait disparaître.

Sculpture du dieu Chac, qui a perdu ses couleurs vives. 

Le site nous a vraiment surpris. On ne s’attendait pas à ce qu’il soit autant fondu dans la végétation. Beaucoup de pyramides sont encore complètement prisonnières de la végétation et on ne peut que voir leur fronton supérieur qui s’élève jusqu’à plus de 60m de haut pour le temple IV. Le nombre de pyramides que comptait le centre ville de Tikal est impressionnant!

Pique-nique au temple IV, le + haut de Tikal, avec la forêt à perte de vue. Seul le sommet du temple est dégagé de la végétation. 
Le temple III noyé dans la verdure. On ne distingue que son sommet. 

La Gran plaza est la structure mise à jour la plus impressionnante. 2 grandes pyramides se font face. Le style architectural diffère de tout ce que nous avons pu voir jusqu’à présent. Le style de Tikal, ce sont des frontons très hauts et des pyramides assez étroites ce qui donne encore plus l’impression de hauteur. Celles ci furent construites sous le règne du roi “Ah Cacao” (682-734), un des 33 rois de Tikal. Tous avaient des noms qui nous font sourire tels que “patte de jaguar”, “grenouille fumante” ou “premier crocodile”!


La Gran Plaza avec le temple I vu depuis le temple II.
Acropole nord:les palais sont superposés comme des poupées russes. Les mayas construisaient toujours sur la structure précédente. 

Le temple I ou temple du jaguar est le plus célèbre, l’image d’Epinal de Tikal, celui que je rêvais de voir depuis quelques années!! Haut de 47m pour 9 étages, on ne peut qu’essayer d’imaginer ce qui pouvait se passe là-haut lors des cérémonies.

Temple I ou temple du jaguar

En face, le temple II, 38m sur lequel on peut monter pour une jolie vue sur la Gran plaza.

Temple II ou temple des masques 

L’acropole centrale face à la Gran Plaza abritait les maisons des nobles et les bâtiments administratifs.

Acropole centrale 
Sur 215m de long, les édifices se succèdent, séparés  par des patios.

Le temple V fût celui qui a le plus impressionné Micka. Très imposant, il est un des plus anciens de Tikal. On ne peut malheureusement plus monter au sommet (apparement il y a eu des accidents). On voit que la végétation regagne déjà du terrain sur l’escalier.

Temple V 

Un des secteurs les plus bucoliques de Tikal est le secteur d’El Mundo Perdido (le monde perdu). Un océan de verdure avec de petites clairières, autour d’une des anciennes places de Tikal. On peut grimper au sommet d’une pyramide de 32m qui servait d’observatoire astronomique.

Y’a de la liane!! 
Observatoire astronomique  
El mundo perdido 
Vue depuis l’observatoire astronomique. Il faut imaginer les cris des singes hurleurs en arrière fond.  

En conclusion, Tikal est un site qui se mérite, de par son isolement, mais ça valait vraiment le déplacement!! La jungle guatémaltèque renferme encore beaucoup de patrimoine. Il y a notamment les temples d’El Mirador, encore plus isolés qui sont accessibles uniquement en randonnée (une boucle de 6 jours de marche).

Nous passons notre dernière soirée à Flores dans un joli bar terrasse avec vue sur le lac.

J’aime bien le gros attrape rêve! Ils en vendent beaucoup ici! 

Nous en profitons pour tirer les conclusions de cette petite escapade guatémaltèque. Nous avons beaucoup aimé ce pays d’une grande diversité (volcans, patrimoine archéologique, villes coloniales et fortes traditions culturelles) mais nous en repartons un peu frustrés, avec le sentiment de ne pas avoir pu découvrir le « vrai » pays. Nous étions plus ou moins contraints de rester dans des « enclaves touristiques », pour des raisons de sécurité et d’accessibilité. Les temps de transport conséquents nous ont empêchés également de pouvoir rayonner autant qu’on l’aurait souhaité. Enfin, les tarifs nous ont un peu surpris, beaucoup, beaucoup plus élevés qu’au Mexique alors que le niveau de vie du pays est plus bas. Ceci n’est bien sûr que notre avis, un avis très subjectif, à un instant T.

Le Guatemala est un pays malade de ces dirigeants tous plus corrompus les uns que les autres. Les présidents se succèdent et tous corrompus, finissent en prison les uns après les autres. Le pays a connu plus de 30 ans de guerre civile qui s’est terminée en 1996. La guérilla rurale (les paysans indiens) tentaient d’obtenir par les armes ce qu’ils ne pouvaient obtenir par les urnes. La répression fut sanglante et massive avec des villages indiens rayés de la carte, 200000 indiens morts ou disparus...

Bref, le pays souffre de son état défaillant incapable de gérer les problèmes de narocotrafic et de sécurité. Pas étonnant de constater que la santé et la maltnutriton des enfants y sont des problèmes majeurs et complètement délaissés. Certains services publics ne sont plus assurés comme la poste qui a fait faillite depuis 2/3 ans. C’est cela qui nous a un peu choqué dans le pays: le fossé entre quelques zones touristiques, repères d’occidentaux et l’autre réalité avec la population indienne vivant sous le seuil de pauvreté. Pas sûr que l’argent dépensé lors de notre passage profite à la population...