Colombie

Un mois pour découvrir ce pays qui s’ouvre de plus en plus au tourisme!
Mars 2020
4 semaines
8
mars

Jour 197

Aujourd’hui est une journée de transport. Nous quittons Cozumel en bateau pour rejoindre Playa del Carmen. On s’offre un dernier petit déjeuner mexicain (des huevos rancheros et des molettes: petits pains tranchés dans la longueur, recouverts de purée de haricots noirs et de tranches de fromage) sur fond de musique salsa.

Transfert en bateau et huevos à la ranchero dans un café rempli d’objets chinés! 

Nous prenons ensuite le bus pour l’aéroport de Cancun et notre vol pour Medellín!

A nous la Colombie!

Nous arrivons à 20h. Nous rencontrons 2 allemands qui souhaitent partager un taxi avec nous. Parfait! Nous commandons un UBER sauf que le pauvre chauffeur se fait alpaguer par 2 gardiens de sécurité au hall des arrivées. Uber est TRES controversé en ce moment en Colombie (comme ça l’a été à un moment donné en France) et il vaut mieux être discret. Les gardiens appellent ensuite un flic. Un des gardiens fait mine de noter le numéro de passeport d’un des allemands. Clairement, pour lui faire peur et nous dissuader tous de reprendre ce type de transport.

Du coup, nous prenons un taxi de l’aéroport. Résultat: chauffeur odieux et tarif forcément supérieur. Mais bon pas nous n’avons pas le choix. On est bien contents d’avoir pu diviser la course par 4!

Nous posons nos affaires pour 3 nuits dans le quartier de Poblado.

Jour 198

Ce matin, nous prenons un petit déjeuner dans la chambre, posons quelques questions au proprio de l’hôtel pour organiser notre séjour. Nous hésitons à louer une voiture ou faire tous nos trajets en bus.

Puis nous filons en métro dans le centre de Medellín.

Métro de Medellín  

Nous commençons par l’église de la Candelaria et le Parque Berrio. Sur le parvis et dans les rues adjacentes il y a plein de vendeurs ambulants qui vendent des fruits et légumes.

Rues piétonnes  

La jolie Plaza Botero expose 23 sculptures de l’artiste colombien, Fernando Botero. Il est réputé pour son goût pour les femmes en chair. Cela donne des sculptures superbes, on aime beaucoup.

Sculptures de Botero 

Autour de la place se trouve le Museo Antioqua et le palais de la culture avec sa façade néogothique en damier noir et blanc.

Micka devant le musée Antioqua (qui abrite pas mal d’œuvres de Botero). 
Palais de la culture 

Nous passons près du Parque Bolivar (avec le statue du héros de l’indépendance colombienne), puis jetons un œil à la cathédrale de la ville et sa façade de briques. Voilà pour le tour des principaux monuments du centre-ville.

Parque Bolivar et cathédrale néoromane de Medellín (1890).

La ville de Medellin n’a pas vraiment de charme. Immense, située dans une cuvette, on voit les habitations qui s’étendent jusqu’au sommet des collines qui l’entoure. Les habitations sont en briques rouges et une chape de pollution se dégage de cette ville de 2,5 millions d’habitants. Malgré l’altitude (1500m d’altitude) la chaleur est étouffante .

Medellín depuis la station Poblado

Nous mangeons un menu du jour dans une petite institution du quartier. C’est marrant il y a pas mal de gens d’un certain âge dont cela semble être la cantine. Ça nous rappelle le café El Popular de Mexico.

L’après-midi, nous nous rendons au musée Casa de la Memoria, un musée à la mémoire des victimes innocentes des années de violence qu’a connu Medellin.

Musée de la Casa Memoria tout près du Parque Bicentenario 

Medellin. Son nom évoque le souvenir des années de grande violence qu’a connu la ville, de 1970 à 2000, la hissant dans le palmarès des villes les plus dangereuses au monde. Capitale de l’exportation mondiale de cocaïne, elle était sous l’emprise des cartels avec à leur tête, Pablo Escobar qui imposait sa loi à grands renforts de fusillades et attentats en pleine rue. Les habitants vivaient dans la peur et des centaines de personnes innocentes furent tuées.

Après l’assassinat d’Escobar en 1993 et les énormes efforts du maire pour rendre la ville à ses habitants, Medellin semble renaitre. La ville est beaucoup plus sécure et les gens semblent avoir retrouvé le goût de la vie nocturne.

Il y a notamment eu de gros investissements pour désenclaver les quartiers les plus éloignés sur les collines, en installant des métrocables (des télécabines) permettant aux habitants de rallier rapidement le centre ville et ainsi pouvoir trouver un emploi, donc se réinsérer dans la société en sortant de la pauvreté.

Métrocable à Medellín  

De notre œil de touriste français, le centre ville a des allures de cours des miracles avec beaucoup de misère sociale. Beaucoup de gens qui font la manche, qui semblent très pauvres et marginalisés, des prostituées en nombre et des gens qui errent, sous l’emprise de drogues dures. Mais la ville revient de loin et les choses semblent clairement aller dans le bon sens.

Le soir, nous mangeons dans le quartier Poblado, quartier de notre hôtel où l’on trouve de nombreux restos, bars et boîte de nuit. Le coin bobo et fêtard de Medellín. Nous trouvons une pizzeria sympa. Mais là encore l’ambiance nocturne tourne vite au glauque et on n’a pas vraiment envie de traîner plus longtemps dans les rues.

Une petite cuillère avec un numéro pour attendre qu’une table se libère....et 2 délicieuses pizzas en récompense!  
Une des seules jolies rues du quartier Poblado 

Jour 199

Aujourd’hui, pour mieux appréhender la ville, nous avons réservé un tour guidé pour découvrir le quartier de la Comuna 13. La Comuna 13 est un ensemble de 23 quartiers qui au temps d’Escobar et jusqu’à il y a une dizaine d’années encore était une zone de non-droit.

De nombreux guides volontaires issus de ce quartier font la visite aux touristes en expliquant l’histoire du quartier, de Medellín et de la Colombie en général. Notre guide a 21 ans et nous raconte son histoire, en nous faisant découvrir différents lieux de la Comuna 13. C’est très émouvant d’avoir ce témoignage et de comprendre ce que pouvait être la vie de ces jeunes à Medellín, à l’époque.

Le tour guidé dure 3h et est gratuit, on donne un pourboire à la fin. 

Sa famille vivait à la campagne dans les environs de Medellín. Mais ils ont été poussés à partir par des guérilleros qui voulaient leurs terres/leur propriété. On leur a donné 15 jours pour partir (sinon ça se finissait par une balle dans la tête). Ils ont donc fui vers la ville et ont atterri dans ce quartier pauvre de Medellín, alors aux mains des cartels de la drogue. (Pour info, 7,5 millions de Colombiens ont ainsi été déplacés de force par la guérilla dans les 50 dernières années).

La Comuna 13 était une zone où la police ne venait que rarement, une zone de trafic de marijuana et de cocaïne partant ensuite en direction de l’Amérique centrale pour ensuite rejoindre les USA, lieu principal de consommation.

La Comuna 13 

Les ambulances ne pouvaient accéder à ce quartier, il y avait un couvre feu ne permettant pas aux gens travaillant tard de rentrer chez eux. De plus, les jeunes comme notre guide étaient obligés de se rallier au cartel de leur quartier et ne pouvaient pas se déplacer dans un quartier appartenant à un autre cartel sous peine de se faire tuer. Notre guide nous dit avoir perdu des amis, tués par balle à 15 ans pour être simplement allés voir un ami dans un quartier «ennemi » . Ils étaient complètement otages dans leur propre quartier.

La pire année pour Medellín fût 1991 avec 7000 crimes recensés dans l’année. Avec l’assassinat d’Escobar et de nombreuses interventions paramilitaires (dont une massive en 2002 avec 3 jours de guerre urbaine pure) à la fin des années 2000, le quartier retrouve enfin un peu de sérénité.

En 15 ans le quartier est passé de bidonville sous l’emprise des cartels à un quartier fier de son destin. Le quartier devient aujourd’hui un lieu artistique avec le développement du mouvement hip hop, du street art. Un quartier à l’identité forte qui a misé sur le tourisme. Et cela lui réussit! Nous voyons des groupes de break dance, des rappeurs (qui rappent en espagnol ça fait bizarre!) et beaucoup de belles fresques aux portées symboliques. Le guide prend le temps de nous en expliquer plusieurs.

Street art 

D’impressionnants escalators ont été installés et ont permis de désenclaver ce quartier. Se déplacer sur cette colline au degré de pente important n’est plus une difficulté.

L’impressionnant réseau d’escalators de la Comuna 13

La visite nous passionne. Pas grand chose à voir, c’est une visite sociale, culturelle. Le destin de notre guide nous a touché. Il parle un anglais parfait sans avoir jamais quitté son pays! La volonté de s’en sortir transparaît dans chacun de ses mots. Son discours sur la drogue est sans équivoque. «N’en consommez pas!! Vous n’avez en Europe ou aux États Unis aucune idée des conséquences de votre consommation et de toutes les souffrances qu’il peut y avoir derrière le trafic! ».

Cette visite nous fait voir Medellín avec un œil moins critique que lors de nos visites d’hier. Le gouvernement a réussi un vrai tour de force en changeant radicalement le quotidien de ses habitants. Et c’est ça , qu’on vient découvrir à Medellín.

Vue sur Medellín depuis la Comuna 13 

Ce qui est compliqué à comprendre sur la Colombie c’est qu’il y a à la fois la présence d’une guérilla communiste (avec les FARC notamment, mais il y a aussi d’autres groupes) qui a occasionné des années de guerre civile et la présence des cartels de la drogue. Cartels et guérillas sont aussi intriqués rendant le combat contre la violence bien difficile.

Ceci dit l’accord de paix avec les FARC en 2016 et les deal passés avec les cartels par le gouvernement semblent promettre des jours meilleurs à la Colombie.

9
mars

Jour 200

Nous filons de bonne heure à l’aéroport de Medellín pour récupérer...notre voiture!!! Et oui, notre envie de liberté a été plus forte que tout et nous avons donc réservé une voiture (une Chevrolet Sail) pour 15 jours. Ce n’est pas le plus économique (30€ par jour) par rapport aux transports en bus, mais c’est le prix de la liberté et de la flexibilité!

C’est donc excités comme des gosses que nous prenons la route de Guatapé, à 50km à l’Est de Medellín. Il y a pas mal de vélos et de motos sur la route. On sent que c’est dimanche et que les gens se baladent. Les gargotes en bord de route donnent toute envie de s’y arrêter. Et surtout, le paysage nous plait! Nous sommes à 2000 m d’altitude et la végétation est belle avec des collines arborées et de belles plantations (canne à sucre, café). Nous passons un col. De là-haut, la vue est superbe malgré le ciel gris et il y a de jolis cafés où s’arrêter. On ne se prive pas de cette petite pause. Pour nous, elle a un côté magique. Pouvoir s’arrêter quand on le souhaite, profiter des paysages, c’est trop top! Cette pause café a donc une saveur toute particulière. C’est ça la magie du voyage. Des choses qui peuvent paraître banales vous laissent un souvenir impérissable car elles sont liées à un moment précis, un contexte, un état d’esprit.

Sur la route de Guatapé... 

Nous continuons la route jusqu’au village de Guatapé. Après avoir posé nos affaires dans un petit hôtel tout mignon, nous partons immédiatement explorer le village. Il est très animé en ce dimanche. C’est le lieu de détente à la mode des habitants de Medellín le week-end. Il faut dire que vu le charme fou du village on les comprend!

Le Parque principal avec l’église du village du XIXème au fond.
Les tuk-tuk sont de retour! 

Guatapé est un village de 6000 habitants, situé au bord d’un lac artificiel. Sa particularité, ce sont ses maisons et plus précisément ses « zocalos ». Les zocalos sont les parties basses des maisons qui sont ornées de bas reliefs réalisés par quelques artistes du village.

Maisons de Guatapé et leurs jolis zocalos. En bas à droite, on est sûrement chez un musicien!
Et à gauche, chez le boulanger!  

Ces bas reliefs représentent des lieux, des professions, des animaux, des motifs géométriques. Il n’y a pas de limite, chacun décore sa demeure selon sa personnalité. Et ce qui est génial c’est que tout le monde joue le jeu!

Exemples de bas reliefs sur les maisons de Guatapé.

Le rendu est chouette et c’est un plaisir de se balader dans les ruelles pour découvrir toutes ces décorations. En plus, les maisons sont peintes de couleurs vives. Il y a des cafés partout. Bref, l’atmosphère est vraiment sympa!

La Calle del Recuerdo est sans doute la plus représentative du village. Très colorée, cette ruelle en pente a été refaite en 1980, comme elle était à l’époque coloniale.

Jolie fontaine à l’entrée de la Calle del Recuerdo
Calle del Recuerdo 

Dans la même veine, la Plazoleta de los Zocalos date de 2010 seulement. Les immeubles qui étaient plutôt banals avant ont été peints de couleurs vives, tout comme l’ensemble de la place (escaliers, balcons etc...). Le rendu est génial et la place attire beaucoup de monde. C’est un vrai plaisir d’y prendre un verre. Voilà un exemple d’urbanisme plus que réussi! Je suis sûre que le village sera classé à l’Unesco dans quelques années!😉

Plazoleta de los Zocalos 

Le midi, nous mangeons des burritos sur le pouce dans une courette qui ressemble un peu à un food court. Ils y passent la musique colombienne à la mode en ce moment. ( on “shazam” à mort!!)

Food court et mon superbe chocolat chaud préparé par une barista très douée! 

Nous nous baladons un peu hors du village pour avoir quelques vue sur le lac et sur la Piedra del Peñol, le grand monolithe qui se trouve à quelques kilomètres de Guatapé et que nous irons voir demain. Les bords du lac ne sont pas encore complètement aménagés. On voit que c’est en cours et ça va être sûrement très sympa comme le reste du village. Il y a pas mal de tours en bateaux qui sont proposés mais ça ne nous tente pas plus que cela.

Au fond, la Piedra del Peñol 
Devant le lac artificiel El Peñol 

Jour 201

Nous quittons avec tristesse notre petit hôtel de Guatapé. (Il était top on a même pu y faire notre popote le soir). Nous avons hésité à rester un jour de plus, mais l’appel de la découverte a été finalement le plus fort!

Notre joli petit hôtel, 25€ la nuit avec petit déjeuner, la Colombie est plutôt bon marché en terme de logement. 

Ce matin, nous nous arrêtons juste à la sortie de Guatapé pour grimper au sommet du Piedra del Peñol. Il s’agit d’un gros monolithe de granit et de quartz sorti de nulle part! Ça surprend quand on le voit pour la première fois!

Le lac El Peñol et au fond la Piedra qui surgit de nulle part.

A son sommet, on a une vue imprenable sur le lac. Pour l’atteindre, nous gravissons plus de 700 marches creusées dans la roche pour 200m de dénivelé.

A l’assaut des 705 marches! 

On est assez impressionné par ce superbe lac artificiel et les dizaines d’îlots qui le compose. En effet, la création du barrage a inondé cette zone de collines créant un paysage aux allures de fjords.

Le lac El Peñol et ses dizaines d’îlots. 
Ça fait fjord là, non?! 

Nous poursuivons notre route en direction de Jardín. Nous traversons la grosse ville de Medellin, mais, en heure creuse ça se passe plutôt bien. (Medellin a un système de circulation alternée aux heures de pointe).

La route devient ensuite assez vallonnée. On retrouve pas mal de végétation. De nombreuses portions sont en travaux car une route plus large est en cours de construction. A flanc de montagne cela implique de gros et longs travaux. Il y a pas mal de camions à doubler. C’est parfois un peu galère avec les nombreux virages mais on s’en moque, on profite des paysages!

Nous nous arrêtons dans une des nombreuses gargotes de bord de route pour la pause repas. Ils y servent un plat unique: du cochon grillé à la broche avec des pommes de terre et une tubercule dont nous n’avons pas retenu le nom en espagnol. Malgré le fait que nous ne mangeons plus souvent de la viande, nous nous régalons et passons un bon moment. Bon moment, car inattendu et car on a l’impression de vivre un petit peu du quotidien des Colombiens. En effet, de nombreuses personnes s’arrêtent casser la croûte ici et l’accueil y est vraiment sympathique. Le serveur a même la délicatesse de mettre à toutes les voitures un pare soleil!

Cochon grillé qui l’aurait cru? 

5h plus tard, nous arrivons à Jardín. La dernière portion de route est particulièrement belle.

Sur la route de Jardín 

Des collines se succèdent avec des plantations de cafés, de canne à sucre, des bananiers et des arbres hauts qui offrent l’ombre et l’humidité nécessaire à la culture du précieux breuvage! En cette fin de journée on croise plein de travailleurs qui rentrent des plantations. Ils ont tous une machette à la ceinture et portent une paire de bottes.

Notre guesthouse à Jardin offre des petits bungalows très colorés dans un grand jardin arboré. C’est absolument magnifique et on est émerveillés d’être arrivés dans un petit paradis pareil!

Guesthouse à Jardín! Le petit bungalow est le nôtre! 

Nous allons nous balader dans le village de Jardin et là encore, la magie opère! Les maisons coloniales aux jolis balcons ouvragés, tout en bois donnent un cachet fou à cette petite ville de montagne.

La basilique de Jardín 
Rue de Jardín 

L’ambiance sur la place principale est vraiment chouette! On sent que c’est le lieu de socialisation du village, avec les anciens qui portent un chapeau de cow-boy, un poncho en laine sur les épaules et viennent ici boire leur café. Certains ont même leur cheval avec eux en pleine rue. Ici, il y a des chevaux un peu partout. Cela semble faire partie de la vie dans les plantations. Vraiment, nous touchons du doigt la vie paysanne dans la Colombie des montagnes et c’est un ravissement!

Cafés sur le Parque Central 

Jour 202

Aujourd’hui, nous profitons de Jardín et nous baladons sur les sentiers alentours.

Encore de jolies maisons coloniales. Les boiseries sont superbes.

Nous randonnons sur un joli sentier qui mène à un mirador avec un Cristo Rey qui nous y attend.

Caféiers et bananiers à 360 degrés.
Nous croisons plusieurs arbres “chevelus”! Ils sont colonisés par la “mousse espagnole” , une plante qui capte l’humidité. 

De là-haut, nous avons une jolie vue sur Jardín. La météo est un peu capricieuse, les nuages tardent à se dissiper mais cela doit être la météo habituelle. En effet, il en faut de l’eau et de l’humidité pour faire pousser tout ce café!

Vue sur Jardín depuis le mirador du Cristo Rey 

Nous continuons jusqu’à un point de vue un peu plus haut. Plants de caféiers et bananiers sont partout!!! Je me répète je sais, mais les paysages sont MAGNIFIQUES.

Là-haut, nous nous posons dans un petit café “croquignolet” pour profiter de la vue et goûter au fameux breuvage local! Un super moment!

Boire son café au milieu des caféiers! Si c’est pas le bonheur ça...

Nous poursuivons par une balade dans le village avec la visite de la Basilique (elle est immense pour un village de 14 000 habitants seulement) et par le Camino La Herrera, une jolie voie pavée datant de l’époque coloniale.

La Basilique de l’Immaculée Conception construite en granit gris (1815). 
L’intérieur et ses dorures.  
Sur le Camino La Herrera, ancienne voie pavée de l’époque coloniale. 

La Garrucha est une petite télécabine qui permet d’enjamber une rivière pour se rendre sur la colline d’en face. C’est très artisanal mais cela semble bien fonctionner!

La Garrucha 
Près de la Garrucha, encore de superbes vues sur la végétation si dense et si variée!

Les tuk tuk font partie du paysage de Jardín, tout comme les chivas qui sont des minibus typiques du pays. Ils sont encore utilisés en milieu rural. Très large, on y fourre bagages, denrées alimentaires ou bétail. Leur structure métallique et leurs couleurs vives font qu’ils ne passent pas inaperçus! On adore!

Une chiva  

Enfin, nous passons nos deux soirées à Jardín dans une petite pizzeria à l’ambiance agréable. Nous goûtons aussi la truite locale dans une petite gargote du midi.

Comme d’habitude on vous parle beaucoup de bouffe mais là, ça ne doit pas trop vous faire rêver! Il faut bien avouer que la cuisine colombienne ne casse pas 3 pattes à un canard...

Petit-déjeuner local: on aime bien car c’est du salé donc ça tient au ventre! Micka teste aussi une à une les bières locales...
Et pour finir en beauté,  un petit coucher de soleil après l’orage.... 
14
mars

Jour 203

Aujourd’hui, départ matinal en direction de Salento: 280 km nous attendent. Nous hésitons longuement sur l’itinéraire: l’un est beaucoup plus long mais garantit une route bitumée, l’autre plus court semble être une piste aux nombreux virages. On demande l’avis des locaux. Les avis divergent mais ceux en faveur de la route bitumée sont plus nombreux.

Nous mettons 6h pour atteindre Salento. La circulation est limitée à 80km/h et il y a beaucoup de zones de travaux. Mais on est plutôt contents car en bus on aurait mis 9h! Nous sommes cependant surpris du nombre de péages sur la route! Il y en a des fois tous les 20km! Ce ne sont pas des grosses sommes à chaque fois, mais pour les Colombiens ça doit vite chiffrer.

Pause sur le route et notre hostel à Salento 

Nous commençons donc un petit tour de reconnaissance dans Salento vers 16h. Salento est un village de 7000 habitants au cœur de la zone de culture du café. Il y a plusieurs régions où le café est cultivé en Colombie mais celle ci est la plus célèbre. (Classée à l’Unesco d’ailleurs).

Calle Real, longue rue piétonne. 

Salento est devenue très touristique, plus que Jardín où nous étions hier. Il faut dire que le village est charmant avec de jolies maisons coloniales colorées. Ici aussi, les anciens portent le chapeau et le poncho et les chevaux sont très présents.

Chapeaux et ponchos sont encore bien portés par les hommes d’un certain âge.
Quelques façades de maison... 

Il y a de nombreux restaurants et bars, on sent qu’on va trouver notre bonheur ici. Pour ne rien gâcher, nous bénéficions d’un accueil adorable à l’hôtel (en anglais!! YES!!) et sommes ravis de notre petite chambre à 18€ la nuit.

Église de Salento 

Nous nous rendons au mirador qui domine le village et la vallée. C’est vert, vert, vert à perte de vue!!

Vue sur les alentours de Salento depuis le mirador 

Jour 204

Le réveil sonne à 6h. Micka regrette déjà d’avoir accepté hier soir de mettre le réveil si tôt, mais se lève finalement de bonne grâce!

En effet, le gars de l’hôtel nous a dit que la météo était très capricieuse et imprévisible ici et qu’il valait mieux profiter des heures matinales avant l’arrivée de la pluie.

Nous filons donc en direction de la vallée de Cocora. Au programme ce matin, une jolie randonnée!!

Départ de la randonnée près de cette petite ferme. 

A 15km de Salento, la vallée de Cocora est réputée pour ses palmiers à cire, une espèce de palmiers poussant en altitude et à la hauteur vertigineuse. Certains mesurent jusqu’à 60m de haut!

Première colline de palmiers à cire 

Nous sommes saisis par cette vision atypique: des palmiers dans un paysage de montagne!

Micka paraît bien petit à côté de ces géants!! 

La randonnée que nous effectuons nous permet de bien les voir. Cette espèce est endémique à la vallée de Cocora. Le palmier à cire est l’arbre national colombien et ne pousse qu’entre 2500 et 3000m d’altitude. Il peut vivre jusqu’à 100 ans. Il tire son nom de la cire qui recouvre son tronc. Avant l’arrivée de l’électricité, les paysans s’en servaient pour fabriquer des bougies puis utilisaient leurs feuilles pour les Rameaux. Enfin, ils utilisaient leurs troncs pour en faire des gouttières d’irrigation. Heureusement, le palmier à cire est aujourd’hui protégé car classé parmi les espèces « vulnérables ».

Ces palmiers poussent sur de vertes collines où quelques vaches paissent librement près des rares fermes qui s’y trouvent. Quelques chevaux profitent aussi de l’herbe bien grasse qui pousse ici.

Le soleil est de la partie et nous profitons d’un moment privilégié, seuls, sur les chemins.

Nous randonnons jusqu’à une finca de café (plantation), située à 2800m d’altitude offrant une vue sur le Cerro Morrogacho (3400m).

Le Cerro Morrogacho 

Nous avons la chance d’apercevoir un condor des Andes. Son envergure est de 3,5m.

Petites fleurs sur le chemin 

De retour à Salento, nous partons visiter une finca, la finca Don Elias. C’est encore l’occasion d’une belle balade à pied d’une heure environ pour nous y rendre.

Une autre finca sur le trajet. 

Nous faisons un tour guidé pour visiter la plantation. La visite est très instructive. Nous apprenons que la Colombie ne produit que de l’arabica, variété de café, présentant plus d’arômes et moins de caféine que le robusta (plus corsé et amer et produit essentiellement en Asie).

En ce moment, la majorité des fruits du caféier sont encore verts. 

Le caféier pousse entre 1500m et 2400m d’altitude. Plus le café pousse en altitude plus développés sont ses arômes. Il a besoin d’ombre et d’humidité. C’est pourquoi, la finca que nous visitons a planté de nombreux bananiers qui offre l’ombre et l’eau (par leurs troncs gorgés d’eau qui permettent une meilleure irrigation) aux caféiers. L’ombre est aussi très importante pour protéger les caféiers de la maladie de la rouille, maladie liée à la présence d’un champignon qui se développe de plus en plus avec la hausse des températures.

Bananiers et caféiers cohabitent parfaitement. Le tronc gorgé d’eau du bananier fournit l’irrigation au caféier.

La plantation est 100% biologique et applique les principes de la permaculture. Par exemple, pour ne pas utiliser d’insecticides, ils ont planté des orangers au milieu des plants de café. Les insectes sont plus attirés par les agrumes sucrés et donc vont envahir en priorité les orangers. (Malin!) Dans une même lignée, la ferme utilise le compost et favorise la rotation des cultures en laissant le sol se reposer. Un caféier produit des fruits pendant environ 8 ans. Ensuite, ses arômes perdent en qualité. Il faut donc le couper, celui ci repousse et redonnera pour 8 années supplémentaires. Après cela, il faudra le remplacer par un nouveau plant de caféier.

 La nurserie des caféiers. De jeunes pousses se développent dans un sol sableux avant d’être plantées.

Le guide nous explique ensuite les différentes étapes de la récolte à la production du café.

En Colombie il y a environ 2 récoltes par an ( avril/mai et novembre). Le fruit du café appelé « cerise » est récolté lorsqu’il est bien rouge. Cette « enveloppe » rouge est enlevée à l’aide d’une machine, c’est ce qu’on appelle le dépulpage.

Étape de dépulpage 

Puis, les grains sont lavés. Ce processus demande beaucoup d’eau (ce qui n’est pas écologique dans certains pays qui souffrent déjà du manque d’eau). Cela permet de trier les grains abîmés et d’enlever la « gelée » qui entoure les grains et qui pourrait les faire fermenter.

Vient ensuite le temps du séchage qui dure 4 à 5 jours. On enlève ensuite encore une enveloppe supplémentaire entourant le grain (c’est l’étape du déparchage). On obtient alors le grain de café final vert. Il est envoyé tel quel à l’exportation car c’est ainsi qu’il se conserve le mieux.

Temps de séchage après que les grains aient été lavés. 

Le café est ensuite torréfié dans le pays destinataire. Le torréfacteur va chauffer les grains de café pendant une dizaine de minutes à différentes températures (de son choix), avant de le refroidir, donnant ainsi une saveur particulière au café. C’est là, tout l’art du travail du torréfacteur. Plus le grain est grillé longuement, plus il sera noir et plus l’arôme du café sera corsé.

A gauche, torréfaction manuelle (comme autrefois) et à droite torréfacteur (photo Internet).

La visite se termine ensuite par une dégustation. Nous goûtons le café produit par la finca.

Nous moulons le café avant de le déguster! 

La saveur du café dépend donc de nombreux paramètres: la variété et la zone d’origine (altitude, qualité du sol, humidité), les conditions de traitement après récolte et le processus de torréfaction. Cela nous fait prendre conscience de l’immense travail qu’il y a derrière chaque tasse de café que nous buvons machinalement chaque jour.

Nous papotons dans la finca plus d’une heure après la visite avec un couple de français en attendant que la pluie qui s’est mise à tomber fortement, cesse.

Retour à Salento après la pluie. 

Ravis de notre journée, nous mangeons le soir un petit menu du jour délicieux, avec soupe et truite saumonée comme ils en proposent beaucoup ici. Nous partageons notre table avec un autre couple de français avec qui nous avons une discussion passionnée mêlant voyages et modes de vie. Un très bon moment.

Jour 205

Ce matin, nous prenons notre temps. Il faut dire que nous sommes un peu parasités par les infos qui font l’actualité en ce moment autour du coronavirus. Nous en avons parlé avec d’autres voyageurs et nous nous posons des questions sur la suite de notre voyage. Pourrons nous le continuer? Passer d’un pays à l’autre en Amérique du Sud? Devons nous rentrer en France au cas où les mesures de confinement se durcissent et perdurent? Aurons nous encore des vols pour rentrer si les choses s’aggravent? Tout le monde ici se posent les mêmes questions, surtout les voyageurs qui ont un vol prévu dans les jours qui viennent. Chacun vérifie que la compagnie n’annule pas leur avion au dernier moment.

Nous prenons un petit-déjeuner copieux à « Brunch », un resto qui porte bien son nom puisqu’effectivement ça devrait nous tenir au corps pour la journée!

Je mets la photo car on veut se rappeler de ce petit-déjeuner trop bon! 

Nous partons ensuite visiter Filandia à 10km de Salento. C’est un petit village qui a une taille et une architecture similaire à Salento et constitue un petit complément de visite. Filandia est par contre, sans raison apparente, beaucoup moins touristique.

Rues et maisons colorées de Filandia 

Le Parque central est très arboré et très vivant et l’église a des allures d’église orthodoxe avec ses jolies coupoles.

L’église de Filandia depuis le Parque. 

Micka en profite pour aller chez le coiffeur. Après l’Inde et Taïwan, il teste donc la coupe colombienne. Et bien, c’est selon moi la plus réussie! Et on hallucine sur le tarif: 10 000 pesos colombiens, soit 2,5€.

Salon de coiffure colombien, « muy corto! » répète Micka inlassablement! (Pas de doute, on progressse en espagnol!😂)

Ainsi s’achève nos 3 jours dans la zona cafetera qui sera c’est sûr notre gros coup de cœur en Colombie!

17
mars
17
mars

Jour 206 / Samedi 14 Mars

Nous prenons la route de bonne heure en direction de Popayán. Popayán est située au sud de la Colombie, pas très loin de l'Equateur. C'est une très jolie ville de 250000 habitants, surnommée "ville blanche" en raison de la couleur de tous ces bâtiments. Les nombreuses églises et palacios du centre-ville ont tous cette blancheur immaculée.

Rues de Popayán 

Nous arrivons vers 14h à notre hôtel situé en plein centre-ville. Nous filons manger dans une cantine très populaire que nous avons repéré sur le Net. Ici, on choisit 7 plats parmi une liste exclusivement végétarienne. Les plats sont délicieux. On se régale et on se remplit la bedaine pour 1,5€!

Cantine végétarienne et salpicon payanes, une boisson locale rafraîchissante. 

L’après-midi, nous faisons un petit tour dans la ville, puis nous posons dans un café. Là, c'est en consultant nos mails que nous tombons sur un mail de l'ambassade de France, nous conseillant de rentrer dès que possible en France et dans l'idéal dans les 48h. Le choc est violent. Depuis quelques jours, on sentait que les choses se compliquaient. On envisageait qu'il puisse être difficile de rejoindre l'Argentine début Avril mais nous n'avions absolument pas imaginé qu'il soit impossible de finir notre séjour en Colombie. Le fait de devoir mettre un terme à notre "tour du monde" est un choc et on accuse le coup difficilement. Nous restons plusieurs heures un peu sidérés, incapables de prendre une décision sur ce que nous devons faire. Nous essayons de croiser d'autres touristes pour parler mais comme par hasard, nous ne trouvons personne. La ville semble déjà s’être vidée de ses touristes.

Le soir, nous mangeons la gorge nouée dans un restaurant libanais. Nous abordons un couple de hollandais pour leur faire part de la situation. Eux n’ont rien reçu de leur ambassades et ne semblent absolument pas inquiets.

Nous voulions en parler avec nos familles mais le décalage horaire ne nous le permet pas. Nous décidons donc de prendre un vol pour le 20 Mars et de finir notre boucle en voiture jusqu'à Bogota.

Jour 207 / Dimanche 15 Mars

Le réveil est difficile, on est inquiet et accroché aux news. Nous partons nous balader dans la ville qui est étrangement calme en ce Dimanche matin. Nous grimpons sur une petite colline offrant une jolie vue sur le centre-ville.

Vue sur le centre-ville de Popayán 

Nous partons explorer les belles églises de la ville, parmi lesquelles la belle église San Francisco du XVIème siècle et sa façade baroque jaune pâle.

Eglise San Francisco 

La place principale: le Parque Caldas est assez majestueuse avec ses bâtiments coloniaux blancs entourant un petit parc fleuri.

Parque Caldas 
Cathédrale Nuestra Señora de la Asunción  

La cathédrale de Nuestra Señora de la Asunción de Popayán fut maintes fois reconstruites suite aux tremblements de terre, dont le dernier en 1983 qui endommagea sérieusement la coupole.

D’autres églises de Popayán 
Pont Humilladero 

Après ce bref tour, on se retrouve vite déboussolés, à errer comme des âmes en peine. On est inquiet, notre esprit est complètement parasité et le cœur n'est plus vraiment à la visite. En fin d'après-midi, nous passons pas mal de coups de fils à nos proches. La Colombie ne compte qu’une trentaine de cas de Covid-19 pour le moment, mais le gouvernement semble prendre des mesures rapidement. La fermeture des frontières colombiennes semble imminente, on parle de lundi soir ou mardi soir. On lit même qu'Iberia pourrait suspendre ces vols dès Mardi. Finalement, dans la panique, nous décidons de ne pas attendre le 20 Mars pour rentrer et de réserver un vol pour le lendemain. Les prix sont en train de s'envoler mais c'est en étant aussi loin qu'on se rend compte de notre vulnérabilité. Le besoin de rentrer au plus vite, dans notre pays et surtout près de nos proches se fait pressant. Avec l'aide de Céline et Clément, nous bookons un vol pour Lundi soir. D'ici là, il nous reste le plus dur à faire: regagner la capitale Bogota depuis Popayán afin de rendre la voiture de location. Il y a plus de 12h de route et notre vol est dans moins de 24h. Nous nous allongeons quelques heures, incapables de dormir, puis finalement nous prenons la route à 1h du matin.

Jour 208 / Lundi 16 Mars

Micka roule donc toute la nuit et toute la matinée sans s'arrêter. Je lui fais la conversation sans discontinuer pour ne pas qu'il s'endorme. C'est finalement soulagés que nous arrivons à Bogota en début d'après-midi. Micka a tenu merveilleusement bien la fatigue malgré les dizaines de camions à doubler et les virages incessants avec des passages de cols à 3000m. L'agence de location est ultra bienveillante avec nous et nous rembourse la fin de notre location. Comme nous, des dizaines de touristes écourtent brutalement leur séjour et se ruent à l'aéroport.

Malheureusement, au moment d'enregistrer les bagages, la compagnie nous annonce que notre paiement a été refusé!! Le stress et la panique nous anéantissent. On s'imagine déjà bloqués en Colombie pour plusieurs mois. Je fonds en larmes et Micka ne sait plus comment me rassurer. Finalement, après une heure d'attente, de coups de fil vers l'Europe, nous atteignons le comptoir de la compagnie et parvenons à rebooker un vol. A 20h30, nous nous envolons pour la France via Madrid.

Nous arrivons en France, épuisés, mais soulagés. Nous devons nous confiner, ce qui reporte les retrouvailles familiales pour encore quelques temps.

Ainsi s'achève notre tour du monde. Un mélange de frustration, de nostalgie et de soulagement nous envahissent. Certes, ce n'était pas le scénario que nous avions imaginé, mais face à une telle crise mondiale, que faire sinon revenir aux réelles priorités? Nous réalisons une nouvelle fois, comme nous l'avions déjà réalisé à maintes reprises pendant ce voyage, l'immense chance que nous avons d'être français, de vivre dans un pays riche où l'accès aux soins est gratuit. Nous pensons à toutes ces rencontres de ces derniers mois et ne pouvons qu'imaginer avec tristesse ce que le virus entraînera comme conséquences sanitaires et sociales dans ces pays-là.