Afrique du Sud

Première étape de notre tour du monde: l'Afrique du Sud!
Août 2019
3 semaines
Dernière étape postée il y a 64 jours
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Publié le 28 août 2019

On avait lu beaucoup de choses négatives en terme de sécurité sur l’Afrique du Sud. Si on lit les conseils aux voyageurs en ADS sur le site de France diplomatie, on en viendrait presque à reporter son voyage tellement ils sont alarmistes. On a donc joué la sécurité en arrivant tôt le matin à Johannesburg, en ne roulant pas de nuit et en ne retirant pas d’argent à l’aéroport car des touristes se sont fait suivre et dépouillés. On a préféré faire l’impasse sur cette ville pour avoir l’esprit plus tranquille et parce qu’à part le musée de l’apartheid, il n’y avait pas de choses majeures qu’on voulait y voir. On récupère donc notre voiture de location et on file en direction de Graskop.

On est stressés car on a dormi 4h dans l’avion, que la conduite se fait à gauche et car on a été prévenu qu’il pouvait y avoir des jets de pierre, du car-jacking, des barrages de police avec des policiers corrompus qui vous font payer des amendes hallucinantes pour des excès de vitesse non commis. La chambre d’hôtes nous l’a dit aussi en nous envoyant un document en guise de prévention. Au bout d’une heure de route, trois voitures de police nous font garer sur le bas côté. Micka pense avoir été en excès de vitesses par distraction et on voit le radar mobile. Ils nous demandent de payer 500 Rand (29€) sur le champ. On leur dit qu’on ne les a pas en cash et qu’on peut aller à la police station (comme recommandé). Mais là où le tour de passe passe est bien joué c’est que le gars nous dit que la police station est à 20 km en arrière, que la police station dans la direction où l’on va ne fait pas partie du même district. Par flemme/doute/lâcheté on paye et on file. Mais plus on y repense, plus on se dit que c’était une pure arnaque. Et le propriétaire de notre guesthouse nous le confirme. On aurait dû refuser!

Les guesthouses préviennent leurs clients!! 

Ici tous les touristes ont des voitures blanches de location et ils arrêtent principalement ces voitures là. C’est vraiment un pur scandale surtout qu’on est particulièrement vulnérables quand on arrive dans un pays dont on ne connaît pas les codes, fatigués. Bon ce n’est que 29€ on relativise... On se fait une pause repas à Dullstroom histoire de reprendre nos esprits et un peu d’énergie et on termine la route jusque Graskop.

Pause repas à Dullstroom 
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Publié le 23 août 2019

Jour 1

Nous quittons la périphérie de Johannesburg et nous prenons de l’altitude. Les paysages deviennent vraiment chouettes avec de belles forêts de sapin. Nous arrivons dans un charmant B&B (à 1400 m d’altitude) et nous ne regrettons pas d’avoir pris un logement un peu cosy pour nos 2 premiers jours. Ici c’est la fin de l’hiver les soirées sont fraîches mais le ciel est parfaitement dégagé. Le soleil se couche à 17h30!

Nous mangeons à Graskop, petite ville de 4000 habitants complètement morte le soir et pas éclairée. Le lendemain, après un petit déjeuner hyper agréable dans notre chambre d’hôtes, nous partons retirer de l’argent. Le pays est ultra sécurisé et chaque banque a son gardien à l’entrée. Ici il y a même une voiture de police en face de la banque et de manière générale sur chaque parking des gardiens qui essayent de gagner 2/3 sous en surveillant votre voiture. L’habitude est de donner en moyenne 5/10 Rand pour qu’ils surveillent votre voiture pendant le resto, les courses ou une visite. C’est comme ça que ça fonctionne ici et tout le monde semble y trouver son compte.

Jour 2

Nous consacrons la journée à la visite du Blyde River Canyon, un des plus grands canyons du monde ( le 3ème après le grand canyon aux USA et le Fish River Canyon en Namibie). Le canyon d’une profondeur de 600 à 800 m fut creusé par la Blyde River pendant plusieurs millions d’années. La visite consiste en l’arrêt à de nombreux points de vue le long des 25km du parcours. C’est très sympa et on a la chance qu’il n’y ait pas bcp de monde. On peut aussi y faire des randonnées.

Le Pinnacle 
God’s Window  
Les Lisbon Falls, 92 m de haut 
 Les Bourke´s Luck Potholes, « marmites de géant « creusées par le torrent
 Vue sur le lac artificiel en amont du barrage sur la Blyde River

Le clou du spectacle: les "Three Rondavels", ensemble de 3 massifs rocheux nommés ainsi car leurs formes évoque les cases africaines traditionnelles coiffées d’un toit conique en chaume. La vue y est particulièrement belle en fin de journée.

 Le clou du spectacle: les Three Rondavels

Nous terminons la journée par quelques courses à Graskop pour préparer les pique niques à venir.

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Publié le 29 août 2019

Jour 3

Après un rapide crochet aux Mac Mac falls (80 m de haut), superbes, nous prenons la route du parc Kruger en longeant de nombreuses exploitations forestières.

Les Mac Mac Falls 

On traverse des villages, c’est à la fois moderne et tellement dépaysant. C’est l’Afrique et pour nous c’est une grande première. La population est en grande majorité noire et les blancs se remarquent! On a appris avec étonnement que les blancs ne représentent que 8,9% de la population. Au 3ème jour de voyage, on a toujours l’impression qu’on va se réveiller chez nous et que tout n’est qu’une illusion! On savoure cette sensation délicieuse qui est propre aux débuts de voyage! Après le cerveau s’habitue malheureusement!!!

Après 2 bonnes heures de route on rentre dans le parc Kruger par l’Orpen Gate. Au bout d’à peine 2 km nous voyons un éléphant mâle qui déambule tranquillement dans le brousse! Julie a les larmes qui lui montent aux yeux instantanément! Incroyable!!!! Les paysages du parc sont de toute beauté. Une végétation très sèche, des broussailles, des arbres au sommet plat qui font de l’ombre (les acacias parasols) exactement le type de paysages qu’on voit dans les documents animaliers! Quelques kilomètres plus loin, nous voyons 2 zèbres dans les broussailles qui mangent tranquillement.

Il y a environ 13 000 éléphants dans le Kruger  
Un troupeau d’impalas au cœur de la végétation typique du Kruger 

Puis, on poursuit avec des girafes à plusieurs reprises, 2 crocodiles l’un se séchant au soleil le second dans l’eau, immergé laissant juste voir un œil (menaçant?). Près d’un plan d’eau nous voyons aussi plusieurs gnous, un buffle (massif la bête!). Les plans d’eau avec des animaux sont de toute beauté on s’imagine la nature avant la présence de l’homme.... Puis des troupeaux d’impalas de toute beauté et un grand Koudou se dévoilent tout près, grand Koudou dont les cornes peuvent mesurer jusque 1m de long.

Un grand Koudou  

En arrivant près de notre campement pour la nuit c’est l’apothéose, nous voyons une famille d’éléphants, plusieurs mâles et 2 éléphanteaux. Trop trop mignons vraiment! Nous nous sentons tellement privilégiés!! Quand on pense que ces espèces sont en train de disparaître et qu’on a la possibilité de les observer dans leur milieu naturel en toute quiétude c’est juste fabuleux!

Le parc Kruger est l’un des plus célèbres parcs du monde, le plus célèbre d’Afrique du sud. Il a été créé en 1898. Il s’étend sur 350 km de long et 60 km de large. On peut y voir entre autre espèces les Big Five ( lion, éléphants, rhinocéros, buffle et léopard). La particularité du parc, c’est qu’on peut le visiter seul en voiture de tourisme et ça on a vraiment trouvé ça génial. Certes on n’a pas les services d’un ranger (bien qu’on puisse prendre aussi des tours guidés), mais on peut rester où on veut le temps qu’on veut et ça c’est quand même magique!! Le parc accueille un million de visiteurs par an mais franchement on n’a jamais l’impression de foule, on croise quelques voitures mais ça reste globalement très tranquille. On est quasiment tout le temps seuls pour observer les animaux, sauf quand il s'agit des félins, plus courus. On ne s'attendait pas à pouvoir observer les animaux dans de telles conditions de tranquillité. On roule doucement max 50km/h et il est bien sûr interdit de sortir de son véhicule.

Avec Micka, nous n'avions pas spécialement de passion pour l’observation de la faune. On regardait les photos des safaris avec intérêt mais sans plus non plus. On se disait que ça devait être fabuleux mais on n’imaginait pas vraiment en quoi ça consistait. Et là, on peut dire que ça nous a complètement émerveillés!!! Il n’y a pas de mots pour décrire ce qu’on ressent dans ces moments-là. Faut le vivre, vraiment! Voir ces animaux vivre leur vie dans leur milieu naturel, manger dormir bouger c’est incroyable. Rivés à nos jumelles le temps s’arrête...

A l’affût!! 

Nous plantons la tente dans le campement de Satara situé au milieu du parc. Le parc Kruger est tellement prisé (1 million de visiteurs par an) qu’il faut réserver un an à l’avance pr avoir le choix du logement et du campement. En s’y prenant 8 mois avant, on a dû opter pr la tente. Pas grave c’est plus économique! On pique-nique au campement et nous couchons tôt.

Notre campement à Satara 

Jour 4

Nous avons entendu des rugissements cette nuit: lions et hyènes? Ce matin on lève le camp à 7h30 et partons explorer la zone au-dessus de Satara. Les routes sont en bon état et les pistes sont aussi praticables en voiture citadine. Par contre, on ne voit pas forcément plus d’animaux sur les pistes, ils ne font pas la différence! On commence par des troupeaux de gnous et de zèbres. Ils évoluent souvent ensemble pour l’effet groupe face aux prédateurs.

Troupeau de zèbres 
Élégante du haut de ses 5m!! 
Le calao leucomèle et son beau bec jaune 

Il y a quelques rares points de vue dans le parc où l’on peut sortir de la voiture et pique-niquer sur des aires bien aménagées. Les sud-africains sont fans de camping et de safaris et ils sont hyper bien équipés c’est impressionnant! De quoi monter un camp et cuisiner en pleine brousse à 10h du matin (tables, chaises, vaisselle, barbecue portatif avec bonbonnes de gaz...); il faut dire que le « braai » (barbecue) est ici une institution et la viande une vraie obsession culinaire sud-africaine ! Elle s’accommode d’une sauce caramélisée. On a un peu de mal avec l’idée de se faire un barbecue de koudou après les avoir vu gambader. Mais ça, c’est l’ambivalence du cerveau humain et on est tous schizophrènes à notre manière.

A midi, on se pose à l’Olifants Camp qui possède un poste d’observation au bord de la rivière. Postés là , on pique-nique en observant les éléphants et leurs éléphanteaux qui vont s’abreuver. C’est la saison des naissances, on a vu des bébés de chaque espèce!!! ( éléphanteau, girafon, bébé zèbres, bébé hippos ) Pour boire, les girafes baissent leurs pattes avant avec élégance pour pouvoir pencher leur cou et atteindre l’eau... Les hippopotames se font dorer au soleil ou semblent somnoler immergés dans l’eau. Courts sur pattes mais massifs ils avalent 100kg d’herbe par jour!! Belle bête!! Et trop mimi avec leurs oreilles roses! Cependant ce sont eux et non les lions qui créent le plus de morts en Afrique en chargeant les villageois qui longent les rivières.

Olifants River, une vision de paradis!

En fin d'après-midi, alors que le soleil baisse, 5 lions et lionnes traversent le route devant nous. Ils se suivent avec nonchalance, le regard loin, prêts à partir en chasse. Ils font fuir zèbres et gnous... Leurs regards font froids dans le dos, de vrais prédateurs pas de doute. Peu après, on croise des hyènes tachetés, autres puissants carnivores. (pour les photos il faudra attendre celles de Micka prises au téléobjectif!) On rentre à la nuit tombante fourbus mais tellement ravis de notre journée!! On a vu une telle densité d’animaux c’est incroyable! Le soir nous mangeons au restaurant du campement.

Quel instant unique! Une famille de lions partant chasser au crépuscule.

Jour 5

Nous commençons nos observations par un énorme troupeau de buffles près d’Orpen Dam et 2 lions dormant à l’ombre. Puis, on s’arrête à un point de vue saisissant sur la savane avec des dégradés de couleur ocre, jaune, verts... Au loin, on distingue un éléphant évoluant seul, quelques impalas sous un arbre et rien d’autre que le bush l’immensité de ce bush.

Nous prenons la direction du sud en passant par Lower Sabie (pas de place, on pique-nique dans la voiture au bord d’un étang où l'on observe hippopotames et crocodiles) avant de remonter en direction de notre second campement à Skukuza. Nous plantons la tente et repartons faire un tour jusqu’au coucher de soleil.

On observe tout un groupe de babouins. Les babouins sont en groupe sous la direction d’un mâle dominant le « caïd ». On a cherché l'explication sur les fesses roses de certains babouins!! Apparament, la couleur des fesses passant du gris au rose vif chez la femelle indique si elle est prête ou non à s'accoupler. Les babouins sont vraiment amusants à regarder évolués mais peuvent se montrer agressifs et très puissants. On observe aussi un nyala, plus rare que le Koudou.

Une mère et son petit au crépuscule dans Kruger 
Coucher de soleil sur le Parc Kruger 

Jour 6

Après une bonne nuit de sommeil (on commence à s’habituer au camping!) nous prenons notre petit déjeuner au campement au bord de la rivière. Les couleurs du matin, le chant des oiseaux donnent un cadre idyllique. Nous prenons ensuite la direction du Swaziland en quittant le parc Kruger par la porte sud Malelane Gate.

Nous roulons sans voir grand chose la première heure puis formidable cadeau celui qu’on attendait plus : le rhinocéros!!! 2 rhinos sur le bas côté !!! Quand on sait comme ils st pourchassés! La veille encore des braconniers en ont tués dans le parc . On saisit pleinement notre chance !!!! Incroyable!!! Il en reste seulement 20 000. Le parc Kruger fait face malheureusement au problème du braconnage essentiellement pour les rhinocéros. L’Afrique du Sud détient 75 à 80% de la population de rhinocéros. Leurs cornes aux vertus supposément aphrodisiaques sont prisées des asiatiques (chinois, vietnamiens et coréens). Les braconniers viennent principalement du Mozambique voisin car une corne vendue nourrit une famille mozambicaine pendant 2 ans... 662 rhinos ont été tués dans le parc en 2016: un carnage (certains rangers seraient impliqués dans le trafic).

Puis nous terminons notre visite avec un éléphant au milieu de la route qui fait mine de nous charger. Quand il bat des oreilles et lève sa trompe la consigne c’est reculons!!!!! Nous quittons le parc des étoiles plein les yeux!

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août
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Publié le 30 août 2019

Nous quittons le parc Kruger en milieu de matinée et rallions le Swaziland en passant par des zones agricoles (bananeraies, cannes à sucre). Nous passons par le poste-frontière de Jeppes Reef. Le passage se fait rapidement, nous payons 50 Rand pr le véhicule et à nous le Swaziland! Le nord du pays est montagneux, très vallonné, rural, avec des exploitations forestières (bois) et quelques plantations. La route est un peu chaotique avec de nombreux dos d’ânes non indiqués qui nous surprennent à chaque fois.

On s’arrête aux Phonphonyame Falls situées dans un bel écrin de verdure, même si les chutes en elle mêmes s’avèrent un peu décevantes d’autant plus que l’accès en voiture puis à pied n’y est pas facile.

Phophonyane Falls 

La route continue et sillonne dans la montagne offrant de beaux paysages: les habitations et cultures sont disséminées sur les collines. Nous redescendons dans la vallée, vallée d’Ezulwini en passant par Mbabane, la capitale qui se trouve à 1200 m d’altitude. La capitale (95 000 habitants) est située sur un plateau et en la quittant on plonge dans la vallée. Curieuse localisation! Nous plantons la tente dans le jardin d’une auberge de jeunesse et partons de suite faire un tour au parc de Mlilwane.

Camping dans le jardin

Le parc est de toute beauté à la lumière du soir. Les couleurs sont incroyables tout en contraste entre l’herbe sèche jaune et les montagnes aux reflets bleutées c’est absolument magnifique. Micka se régale à photographier ces paysages.

Parc de Mlilwane au coucher du soleil
Parc de Mlilwane au coucher du soleil 

Côté faune, nous voyons 4 crocodiles près de la mare aux hippopotames ainsi que des damalisques à front blanc, sorte d’antilopes que nous n’avions pas encore observées car absentes du Kruger.

Crocodiles...enooooormes! 
Prêt a vous attraper! 

A la nuit tombée, nous terminons par un repas en terrasse dans une pizzeria fort sympathique où nous passons un long et agréable moment.

Jour 7

Nous nous réveillons sous le brouillard. Nous rejoignons de nouveau le parc de Mlilwane et nous offrons un bon petit déjeuner au bord de l’étang en attendant que le ciel se dégage. On observe les martin-pêcheurs faire des piqués pour attraper ce qu’ils ont repéré dans l’eau.

 Petit-déjeuner avec vue

Nous partons ensuite explorer le parc à pied. Le parc de Mlilwane abrite des animaux sauvages mais pas de carnassiers, ce qui fait qu’on peut s’y promener à pied, à vélo, à cheval... Nous empruntons « l’hippo trail », petite randonnée de 6/7 km. On y voit des gnous, des impalas et damalisques à front blanc, des zèbres, phacochères et des grivets. On ne verra pas d’hippopotames mais de nouveau plusieurs crocodiles ( ils sont énormes) au bord de la mare.

Sur l’hippo trail... 

Délicieuse sensation que de se balader à proximité de ces animaux (surtout les zèbres!), on croit rêver! Comme la météo reste capricieuse, nous reprenons la route en direction du sud-est du Swaziland. Nous passons devant de grandes plantations d’ananas, une des cultures de la vallée d’Ezulwini et des champs de canne à sucre. Les bords de route sont animés, échoppes, passants, beaucoup font du stop où attendent les mini-bus collectifs (la notion de trottoir ne semble pas exister et c’est pour ça que conduire la nuit est assez dangereux).

Centre de Manzini 

Malgré cela, le Swaziland semble quand même assez moderne dans les villes que nous avons traversées : pas mal d’infrastructures, des routes en construction, des malls , des chaînes de fast-food et supermarchés en tout genre. Le pays est clairement tourné vers l’Afrique du sud (leur monnaie est indexée sur le rand). Le Swaziland est un petit pays ( moitié de la Belgique) avec 1,4 million d’habitants. C’est une monarchie absolue dirigée par le roi Msatwi III, surnommé « le lion ». Il est polygame ( sa dernière épouse a 18 ans et a été kidnappée à sa famille) et un peu mégalomane puisqu’il s’est offert un avion privé à 36 millions d’euros, le budget annuel du ministère de la santé.

Msatwi III 

Et quand on apprend que 35% de la population a le sida et 60% vit sous le seuil de pauvreté, on se dit que l’Afrique est vraiment malade de ses dirigeants. Le pays est classé au 186ème rang mondial en terme d’Indice de Développement Humain (quasiment au même rang que le Cambodge et le Népal). C’est une ancienne colonie anglaise devenue indépendante en 1968. Le roi qui n’était sous le protectorat anglais qu’un chef coutumier s’est révélé monarque après l’indépendance en dissolvant le parlement et supprimant les partis politiques. Aujourd’hui, le roi fait du business avec de grands entrepreneurs sud-africains, quelques membres de la bourgeoisie locale et ne redistribue clairement pas grand chose à la population. La culture de canne à sucre est un point central de l’économie du pays mais les droits du travail ne semblent pas y être respectés, sans parler des paysans expropriés de leurs terres. Après le passage de frontière, la route jusqu’à Santa Lucia est monotone et interminable. On longe des réserves immenses puis des plantations forestières sur des kilomètres.

Nous arrivons à notre guesthouse qui nous ravit par son confort après 4 jours de camping et allons manger dans un restaurant fort sympathique des sushis!!

30
août
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Publié le 1er septembre 2019

Jour 8

Ce matin, pour notre 1er jour à St Lucia il pleut et il fait frais. On s’offre un petit déjeuner pour patienter, on fait notre lessive, quelques courses alimentaires. La matinée passe ça ne se dégage pas et comble de malchance le wifi est en panne générale dans toute la ville, on ne peut même pas utiliser ce temps pour préparer la suite du voyage... on ronge notre frein!! on apprend à lâcher-prise....car ce sera sûrement plusieurs fois comme ça pendant nos 7 mois de voyage. Prévoir des choses et devoir changer nos plans. Être dans des lieux magnifiques mais sous la pluie... Nous avons encore du travail pour apprendre à gérer ces frustrations avec le sourire;-)

Nous partons finalement vers midi en direction de Cape Vidal, en bord de mer, dans la zone humide de l’Isimangaliso (classée à l’Unesco).

Cape Vidal 

On y voit de nouveau des zèbres, des phacochères, des mangoustes rayées et des troupeaux de koudous. La végétation est dense faite de pins, bruyères en tout genres: un paysage de lande sauvage. Nous nous baladons et pique-niquons près de la plage. A cette période, on peut observer les baleines depuis la rive. Aujourd’hui nous n’en voyons pas. Nous nous rendons à différents points de vue, c’est une chouette réserve et le temps s’éclaircit petit à petit.

Zèbres près de Cape Vidal 
Un koudou dans la lande  
Des mangoustes rayées  
Un des postes d’observation de la réserve  

En fin d’après midi, nous allons nous balader dans l’estuaire de la Hluhluwe River, sur une promenade aménagée au milieu de la zone de marécages où vivent crocodiles et hippopotames. La plage est sauvage, les dunes recouvertes de végétation et la mer agitée. C’est de toute beauté et vivifiant. On voit de nombreux flamants roses du côté de l’estuaire.

Près d’Estuary Beach  
Hippo view  

L’estuaire est aussi le royaume des hippopotames. Sa proximité avec la ville de St Lucia (ou plutôt le village car il n’y a que 1000 habitants) fait qu’à la nuit tombée il n’est pas rare que des hippopotames investissent les rues de la ville et même les jardins des particuliers!

Nous voilà prévenus! 

La ville de St Lucia est touristique et animée c’est très agréable d’y séjourner. Nous décidons de prolonger notre séjour d’une nuit.

Rue principale de St Lucia 

Le soir nous remangeons en ville. Ce qui est surprenant c’est que comme St Lucia est une ville touristique tous les clients des restos sont blancs...et tous les serveurs noirs. Ça fait bizarre... on ne s’est pas encore penchés sur l’histoire de l’apartheid en détails mais pas de doute qu’en Afrique du Sud noirs et blancs vivent encore un peu chacun de leur côté.

Jour 9

Aujourd’hui, nous partons explorer le parc de Hluhluwe-Imfolozi à une heure de route de St Lucia. La région d’Hluhluwe fournit 90% de la production d’ananas du pays et de sisal (bois utilisé pour la fabrication de cordes). Nous longeons ces exploitations sur la route. Arrivés au parc vers 9h, c’est reparti pour une nouvelle journée consacrée à l’observation de la faune: nous commençons par le secteur d’Imfolozi. Le parc abrite les Big Five dont 1600 rhinos blancs et 400 rhinos noirs. Il est vraiment réputé pour les rhinos ce sont eux qui sont les plus nombreux dans le parc. Le parc est de taille vraiment modeste par rapport au Kruger, on le parcourt facilement à la journée même à la demi journée. Le parc est très vallonné et plus boisé (végétation plus haute et plus dense) que le Kruger. Il est du coup plus difficile d’observer les animaux, à moins que leur densité soit moindre qu’à Kruger, on ne sait pas vraiment.

Végétation du parc  

On voit quand même des rhinocéros blancs à plusieurs reprises dont une maman et son bébé broutant paisiblement.

Les phacochères investissent l’aire de pique-nique 

Après une pause café et la visite d’une petite exposition sur les rhinos, nous explorons le secteur Hluhluwe (partie est du parc). Le temps se couvre. Nous voyons quand même quelque girafes, des nyalas, un aigle huppard et de nouveau 2 rhinocéros adultes puis de nouveau 1 maman et son bébé qui nous offrent un joli spectacle avant de se cacher derrière les broussailles.

Maman Rhino et son petit 
Bébé rhinocéros
Maman rhinocéros  

Nous quittons le parc un peu frustrés par la mauvaise météo qui ne nous a pas permis de profiter des paysages qui ont l’air absolument sublime. Tant pis! Demain, nous reprenons la route en direction du Drakensberg.

Petit topo historique (facultatif😀)

St Lucia se trouve dans la région du KwaZulu-Natal, berceau du peuple zoulou. Ici 80% de la population a l’Isuzulu comme langue maternelle. C’est dans cette région que régnaient les rois zoulous au XIX et là qu’eut donc lieu à cette époque de nombreuses batailles entre zoulous, anglais et Boers.

Les Boers: « fermiers » étaient les descendants des premiers colons européens du Cap. Ce sont eux qui se sont ensuite considérés comme une nation à part entière : les Afrikaners (ou européen d’Afrique). Ils étaient européens, calvinistes, installés depuis suffisamment longtemps pour se considérer comme africains, mais ne souhaitant pas pour autant se mélanger aux « indigènes » (ils étaient contre les mariages mixtes et exploitaient les indigènes dans leurs fermes).

Les Boers ont effectués ce qu’on appelle « le grand trek » une grande migration vers l’intérieur du pays (1834-1837) car ils étaient mécontents de l’administration anglaise et de l’émancipation des esclaves. Ceci a ensuite mené à la création d’états Boers à part entière : le Transvaal et l’Etat libre’ d’Orange. Ce sont les descendants de ces afrikaners qui ont mis en place les principes de l’apartheid à partir de 1948.

Tout ceci a donné lieu à la guerre anglo-zoulou (1879) et les guerres anglo-Boers (1881) et (1899-1902), guerres dont les britanniques sortent vainqueurs. Les Boers étaient soutenus matériellement par l’Allemagne et la France.

Un peu comme aux EU avec la guerre de sécession, les colons britanniques étaient donc eux même divisés. Bref, un sacré bordel pas facile à comprendre qui a donné lieu à pas mal de confits dont on peut encore visiter les champs de bataille.

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Jour 10

Nous prenons la route à 7h depuis St Lucia pour parcourir 500km environ en direction du Royal Natal National Park. Nous empruntons la N2 qui longe la côte jusqu’à Durban. C’est une grosse nationale avec quelques portions à péage. Les bords de route sont hyper dangereux, il a des des piétons qui traversent. Des gens font des footing en bord de route (curieux!) et beaucoup font du stop. C’est marrant les sud-africains ne font pas de stop en montrant le pouce mais plutôt en levant la main et indiquant la direction.

En périphérie de Durban nous avons la triste vision des bidonvilles installés sur les collines en bord d’autoroute. Durban est la 2ème ville du pays sur le plan démographique et économique ( il y a une grosse communauté indienne: descendants de nombreux immigrés indiens venus au XIXème siècle travailler dans les champs de canne à sucre du KZN). Nous passons ensuite Pietermaritzburg, puis Howick ville où fut arrêté Mandela en 1962. Puis nous quittons les grands axes pour atteindre le nord du Drakensberg, massifs classés à l’Unesco (et hop!!! Encore 1!!😉).

L’arrivée est superbe. Le soleil est de retour et nous avons une vue sur l’ensemble de la chaîne du Drakensberg. Le Drakensberg compte au moins 26 sommets et forme une muraille entourant l’est du Lesotho sur 200km

L’herbe jaunie en cet fin d’hiver (la neige a fondu il y a peu,) tranche avec les massifs aux couleurs marrons et le ciel bleu. C’est de toute beauté.

Nous plantons la tente dans le jardin d’une auberge de jeunesse. Le camping est quasi vide, on a la vue pr nous !

Camping face aux montagnes du Drakensberg  

Nous partons explorer le Royal Natal NP pour une balade en fin d'après-midi en direction de « l’amphithéâtre », un cirque rocheux dominé par des sommets de 3000m. Nous nous promenons sur le sentier des gorges.

Sur le chemin de l’amphithéâtre 

Les paysages sont superbes, on se sent tout petits. Nous faisons plein de photos sous les lumières du soir.

Le soir, nous mangeons à l’auberge de jeunesse et passons pas mal de temps à organiser nos prochains jours de visite. Ce soir, il souffle un vent fort et glacial, on s’équipe pour la nuit sous tente!

Jour 11

Pour notre 2ème journée dans le Drakensberg , nous sommes chanceux, nous avons encore une super météo!! Le vent est tombé, la nuit sous tente s’est donc bien passée.

Nous retournons dans le Royal Natal NP pour faire une randonnée. Nous choisissons le Policemen’s Helmet trail, jolie randonnée de 3h aller/retour et 12km.

 Au départ de la randonnée 

Les paysages sont sublimes, les pentes pelées, dénudés, secs. Les falaises sont roses/rouges selon la lumière et tranche avec le ciel d’un bleu très vif (effet de l’altitude et de l’absence d’humidité). Les hauts sommets forment des lignes d’horizon épurées, d’une grande finesse. C’est dur à décrire mais croyez nous sur parole ça vaut le détour! Nous pique-niquons au sommet. On est tout seuls c’est hyper tranquille! On a une vue à 360. Petit stress à la descente, on se rend compte qu’il y a plein de tiques dans les herbes hautes!! Par chance, nous n’en aurons pas attrapé grâce aux vêtements qu’on avait imprégné de répulsifs avant de partir.

Face au Fameux «  helmet » 

Les parcs ici sont bien organisés. Il y a un gardien au parking de départ des randonnées qui surveillent les voitures et on s’inscrit sur un registre en indiquant la randonnée qu’on fait. Le gardien reste jusqu’à ce que tout le monde soit rentré, en échange d’un petit tip. C’est hyper sécurisant et ça permet de pas s’inquiéter de laisser les valises dans le coffre etc...

Nous partons ensuite en direction de Clarens à 2h de route de là. Le trajet est superbe on traverse des paysages qui nous rappellent les grands espaces américains. Nous traversons le Golden Gate NP et nous arrêtons à de nombreux points de vue. Ce parc là mériterait aussi un détour avec ses jolies falaises de grès roses.

Golden Gate National Park  

Nous logeons donc à Clarens charmante petite ville cossue qui a des airs de «petite suisse ». Pour info, Paul Kruger, président déchu du Transvaal après la guerre anglo-Boer et fondateur du célèbre parc a fini ses jours en Suisse à Clarens et la ville sud africaine a été nommée de la même manière en son honneur. Ici nous sommes sur les anciennes terres Afrikaners.

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3
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Jour 12

Nous quittons Clarens à l’aube car une longue route nous attend. La ville haute de Clarens est très cossue avec de belles maison (et une majorité de blancs), la ville basse abrite des maisons en parpaing brut (population noire à majorité) et enfin à côté carrément les bidonvilles. En un coup d’œil on voit 3 lieux de vie et des inégalités vraiment très marquées. C’est assez criant ici.

Nous partons en direction du Lesotho, les paysages nous rappellent Monument Valley, à la lumière rasante du matin. Il fait -2 degrés, le soleil chauffe doucement. Le ciel est d’un bleu pur. Nous entrons au Lesotho par le nord, par la douane de Caledoonsport, près de Butha Buthe.

Juste après Butha Buthe, les paysages sont assez boisés avec de belles falaises dominant les villages et les champs. Le vert des arbres, le jaune des champs séchés, les falaises roses et le ciel bleu, voilà pour la carte postale.

De Butha Buthe à Maseru, c’est une succession de villes et de villages. Ces derniers sont traversés par la route principale puis de petites routes secondaires ou pistes desservent les maisons.

En direction de Maseru 

Maisons qui sont en parpaing peintes ou non certainement selon les moyens et toit en tôle maintenu par des pneus, des pierres ou une vraie toiture. Nous voyons quelques petites usines, une centrale électrique. Le nord du pays est la partie la plus «développée économiquement». Les enfants vont à l’école (en uniforme comme en Afrique du Sud); les petites filles ont la tête rasée ou coupe garçonne, Ca m’a étonné même en Afrique du Sud, je pensais plus voir des petites tresses! Je ne sais pas si c’est par hygiène ou mode?

Nous avons de la chance car il n’y a plus de neige. Là, le printemps arrive, les arbres sont en fleurs, notamment de beaux arbustes roses, violets que l’on voit partout.

Puis, nous traversons une zone de plaines avec quelques bergers avant d’arriver à Maseru, la capitale. La traversée de Maseru est animée avec des vendeurs en bord de route, des moutons... On fait de l’essence, les pompistes sont super sympa, ça rigole, une vraie ambiance à l’africaine c’est plaisant!

Nous prenons ensuite encore de l’altitude et ça devient complètement rural avec des bergers partout gardant chacun des petits troupeaux d’une dizaine de bêtes maximum : vaches, moutons ou chèvres. Les bergers sont enroulés dans leur couverture de laine, habit « traditionnel » avec une cagoule sur la tête.

La route sillonne, on passe des cols à plus de 2000m dont un à plus de 2700m et là il n’y a plus un arbre. Ça devient lunaire. les villages reculés se succèdent, il n’y a plus l’électricité quelques rares panneaux solaires, nous croisons des femmes qui ramènent des tout petits fagots de bois sur la tête ou qui font la lessive près des puits des villages. Les hommes sont avec leurs troupeaux, solitaires. Un pays encore pastoral. Pas de machine agricole, nous voyons pour le labour des charrettes tirées par des ânes, chevaux ou des vaches. La route de Maseru à Semonkong est un pur voyage à elle seule.

Passage de col à 2700 m 

Nous nous installons au Semonkong lodge, unique offre de logement ici. La zone de camping n’y est vraiment pas terrible et on est à 2200 m d’altitude, on redoute un peu le froid. Du coup, on s’offre un petit craquage en prenant une chambre dans le lodge.

Nous partons ensuite en balade jusqu’aux chutes de Maletsunyane. Nous traversons un beau plateau, un petit village avec des rondavels et nous arrivons aux chutes au bout d’une heure environ.

Alentours de Semonkong 
Une rondavelle: habitat traditionnel  
Les chutes de Maletsunyane  

Au fond d’un canyon, elles font 158m de haut et sont spectaculaires même si le débit n’est pas très fort.

Des enfants nous suivent pour nous indiquer le chemin puis viennent réclamer de l’argent. On essaye d’être pédagogues et de leur expliquer qu’on ne donne pas d’argent aux enfants. On leur propose des bonbons (pas top non plus mais bon...). Les petits sont contents et se les partagent minutieusement mais le plus grand part en maugréant... c’est malheureusement apparement un peu monnaie courante au Lesotho, mais c’est toujours très difficile de se positionner dans ces cas là. Quelques rands ne sont rien pour nous et peuvent améliorer le quotidien de ces familles.

Les petits garnements heu...les enfants du village 

Le soir nous mangeons nos provisions dans l’espace self-catering du lodge et nous faisons un petit feu dans la cheminée de notre chambre. Les températures à la nuit tombée sont glaciales! Le ciel étoilé est de toute beauté altitude et pas de pollution lumineuse: le combo gagnant. Extinction des feux à 22h car le lodge est alimenté par un générateur.

Tisane, bougie et une bonne flambée  

Le Lesotho est un pays de 2 millions d’habitants, c’est un royaume dont le chef d’état est Letsie III. Ancien protectorat britannique, le pays est indépendant depuis 1968. La situation politique semble assez fragile et instable. En 2014, une tentative de coup d’état a échoué. La population est chrétienne à majorité, on a d’ailleurs vu quelques églises sur la route. La particularité du pays c’est que l’ensemble du territoire est au-dessus de 1400 m d’altitude et même 80% du territoire au-dessus de 1800. Peu de ressources et des conditions de vie rudes. Le pays est hyper pauvre, complètement dépendant de l’aide internationale et largement touché par le sida. L’espérance de vie y est officiellement de...45 ans! Et même 35 ans selon une étude réalisée par un journal Britannique...

Le tourisme se développe un petit peu mais globalement il n’y a pas beaucoup d’offres d’hébergement et le peu qu’il y a sont en fait tenus par des sud-africains. Les chinois semblent aussi investir dans le pays et ont développé le réseau routier même si une bonne partie reste encore isolée et praticable qu’en 4x4.

C’est un pays où l’on a passé que peu de temps mais qui nous a touché par la beauté de ses paysages et le dépaysement qu’il offre. Clairement, on a l’impression de faire un bond dans le passé. On a senti les gens pauvres mais pas miséreux et plutôt souriants répondant volontiers à nos « hello ». On espère que le pays parviendra à se stabiliser et se développer de manière harmonieuse.

Le mot saisissant prend tout son sens face a de tels paysages! 

Jour 13

En quittant Semonkong, nous voyons des cultures en terrasse et de superbes points de vue sur le canyon avec quelques hameaux installés à proximité. Nous croisons encore des bergers à cheval, emmitouflés dans leur couverture et cagoules ne montrant que leurs yeux. Ils gardent leurs maigres troupeaux en écoutant de la musique sur leur téléphone.

Bergers basothos  

La couverture est un élément fort de la tradition des basothos, peuple originaire du Lesotho. Apportée par les anglais en 1860, ils l’ont adopté à la place de leurs peaux de bêtes. Aujourd’hui, elles traduisent le statut social. Les femmes mariées la portent autour de la taille jusqu’à la naissance de leur premier enfant. Les garçons la portent à partir de leur circoncision qui marque leur passage à l’âge adulte. Les motifs symbolisent la prospérité (feuille de chou), la fertilité (épi de maïs). Le chapeau traditionnel basotho est moins porté dorénavant mais est présent sur le drapeau du pays.

Drapeau du Lesotho depuis 2006 

On ne croise aucune voiture, aucun touriste (nous étions 5 touristes à l’hôtel, nous sommes en totale hors saison) et le sentiment de solitude, d’isolement presque de désolation est total: un ravissement.

Les enfants jouent avec des petits bâtons et des roues en métal ou ils tirent de petites voitures faites en métal. Pas de jeux en plastique!! Il y a aussi des petits terrains de foot improvisés sur l’herbe sèche avec cages de but faites de 3 branches. On voit des enfants sur le chemin de l’école qui nous font de grands coucous!! Ils parcourent de sacrées distances pour aller à l’école.

En s’approchant de Quachas Neck, les maisons ont l’électricité et sont un peu plus « modernes » et équipées. On redescend un peu en altitude. Nous passons la douane et rejoignons 20 km de piste pénible pour rallier la première ville sud-africaine. Nous rejoignons ensuite la côte par Umtata: nous sommes dans l’ancien Transkei, terre des Xhosas, peuple auquel appartenait Nelson Mandela.

Sur la route, Micka double sur une ligne continue (pratique largement répandue par les locaux et la police elle même) et nous nous faisons arrêter pour la 2ème fois en 10 jours!! La voiture de police était derrière nous depuis un moment et attendait clairement qu’on commette une faute, car ici tout le monde, même les voitures de police doublent sur les lignes continues. Il y en a 10 qui l’ont fait juste devant nous mais c’est nous qu’il a choisi d’arrêter. Et pour cause! Il a repéré les touristes et on a droit au même sketch que lors de notre arrivée à Johannesburg. Sauf que cette fois, il est plus gourmand, il nous demande 1500 rands (90€). Comme on demande à aller les payer au poste de police, il nous dit que le seul dans le secteur est à 42km en arrière. Cette fois, on dit que ça ne nous dérange pas, qu’on va y aller. Du coup, il se met à nous dire qu’il va nous suivre, nous escorter jusque là bas. (rien que ça??) Finalement, il nous dit « I can forgive you », « Do you know forgiveness???! » il nous répète ça 3 fois!! En gros il attend un petit pécule pour nous laisser tranquille. Finalement Micka lui demande en frontal « How much do you want?? » et comme il ne peut pas reconnaître directement sa corruption il nous dit « Nothing, nothing if you apologise ». Ok alors, on est «sorry, sorry » et il nous laisse partir. On est content cette fois de ne pas s’être laisser impressionner comme la première fois, mais on hallucine face à un tel niveau de corruption dans le pays. Les flics qui se font de la maille sur le dos des touristes, on l’a quand même en travers. Surtout qu’ils sont assez présents sur les routes et laissent les gens commettrent des infractions graves. Ici les gens conduisent vraiment n’importe comment c’est assez dangereux et si ils mettaient leur énergie dans les bonnes choses ce ne serait pas mal. Au lieu de ça ils repèrent les voitures de tourisme, les suivent un moment attendent le prétexte pour les arrêter et tentent leur petite manœuvre. Première fois que nous visitons un pays où on ne peut pas faire confiance aux flics, c’est déroutant.

La nuit tombe et nous ne sommes qu’à Umtata alors que nous voulions rallier la Wild Coast. On appelle une auberge de jeunesse pour s’assurer que la réception nous attend et on décide de poursuivre jusqu’à Chintsa. On arrive à 20h30 épuisés par cette longue journée de route.

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Publié le 8 septembre 2019

Jour 14

Ce matin, nous nous réveillons dans la jolie baie de Chintsa qui a des airs de côte australienne. L’ambiance change complètement, ici c’est plage, surf, maisons cossues et touristes blancs.

 Vue depuis notre auberge de jeunesse 

Nous nous baladons ensuite sur la jetée de Gonubie, c’est très agréable, balnéaire. On se prend un petit déjeuner (pancakes salés et milkshakes) en terrasse, il fait chaud c’est top!

Breakfast with view! 

Nous prenons la route pour Addo Elephant Park à 4h de là. Malheureusement il se met à pleuvoir quand nous arrivons. Nous rentrons quand même dans la réserve qui se visite de manière autonome en voiture. Malgré la pluie, nous voyons des grivets, des éléphants, des autruches. Puis clou du spectacle on croise des lions. 2 mâles. S’ensuit une formidable traque pendant 15 minutes, un jeu de cache-cache où on les revoit, les reperdons de vue, les suivont en voiture, à distance. Ils apparaissent et redisparaissent à chaque passage de buissons. Ils baillent, déambulent tranquillement avec nonchalance (voire même un certain mépris), nous regardent... jusqu’au moment ultime où un lion est à moins de 2 mètres de la voiture. Il nous regarde de ses yeux jaunes, on sursaute et refermons la fenêtre d’un coup!! C’est vraiment un animal saisissant, impressionnant! On est surexcités par cette observation!!

Nous voyons encore plusieurs familles d’éléphants avec des éléphanteaux dissimulés dans la végétation, chacun goûtant son propre buisson. La visite d’Addo est donc une vraie réussite malgré la mauvaise météo, comme quoi pour ce qui est de l’observation des animaux il n’y a pas vraiment de règle. C’est souvent une histoire de chance.

Nous prenons la route pr Jeffreys’Bay et longeons des champs d’orangers. Des dizaines de travailleurs noirs en sortent, ils viennent de finir leurs journées de travail et rentrent à l’arrière de pick-up ou font du stop. Des camions conteneurs récupèrent la marchandise. Et quelques kms plus loin nous passons devant des townships: des baraques de tôles où vivent probablement ces travailleurs au milieu de champs de déchets plastiques. Inégalités criantes qui nous frappent profondément. Que fait l’ANC (African National Congress, le parti de Mandela )? Le parti est au pouvoir depuis 1991 et l’abolition de l’apartheid, mais il est entâché par de nombreuses affaires de corruption. Jacob Zuma a été inculpé pour fraude, trafic d’influence et pire, de viol sur une femme séropositive! Et tenez vous bien, il a affirmé avoir pris une douche après l’acte sexuel pour éviter toute contamination!! Quand on connaît les chiffres du sida en Afrique du Sud ça fait juste hurler... Zuma a finalement été acculé et a démissionné en 2018. Depuis, c’est Cyril Ramaphosa qui dirige le pays.

Nous arrivons à Jeffreys’ bay de nuit sous des trombes d’eau. Nous avons réservé une chambre chez l’habitant, l’accueil y est extra et ça fait vraiment du bien après la route. La propriétaire nous conseille un restaurant pas loin, Nina’s restaurant avec une carte végétarienne topissime on se régale!!!

Jour 15

Nous poursuivons la route sur la Garden Road, route panoramique célèbre mais qu’on ne trouve franchement pas terrible. Elle n’a de jardin que le nom! Surtout sous le ciel bâché qu’on a aujourd’hui.

Nous mangeons à midi à Plettenberg, station balnéaire très prisée des sud-africains qui y ont des maisons secondaires hyper cossues (ont ils vraiment besoin de 300m2??!) et ultra sécurisées avec caméras, barbelés et fils électriques.

On enchaîne ensuite avec 3h de balade dans la Robberg Nature Reserve.

Les paysages nous rappellent un peu la Bretagne! Mais c’est de toute beauté même si c’est pas ce qu’on s’attend forcément à voir en Afrique du Sud. Nous observons une colonie de phoques qui a élu domicile sur cette péninsule protégée. Les falaises sont superbes, on descend sur de petites baies, on passe sur une grande dune. Et du sentier, on aperçoit des baleines au large! Difficile à voir mais on les devine en train de sauter!

Baleines en vue?

On est content d’avoir pu marcher ça fait du bien de se dégourdir les jambes après 2 jours quasiment que dans la voiture!

Nous reprenons la route 45 min jusqu’à Knysna où nous posons nos valises dans un super self-catering ultra confort et cheap, un super plan! On est ravis de pouvoir se faire la popote au chaud tranquille!

Chez Brian, on est bien!! « Hey Brian, we like your kitchen!! »

Petite info en passant: l’Afrique du Sud connaît de grosses pénuries d’eau liées aux épisodes de sécheresse des années précédentes et les habitants de certaines régions notamment la région du Cap sont rationnés.

Exemple d’affiche qu’on voit dans les hôtels  

Jour 16

Le soleil est de retour aujourd’hui. Nous nous levons donc à 6h pour en profiter pleinement. Nous commençons par nous rendre à The Heads, célèbres falaises de Knysna offrant une vue sur toute la lagune et l’océan indien. A la lumière douce du matin c’est de toute beauté.

Un des view point de The Heads

Nous prenons la route du Tsitsikamma National Park. Cela nous fait revenir en arrière sur la Garden Road mais hier avec la pluie ce n’était vraiment pas envisageable de randonner dans le parc. Sur la route, on s’écoute des podscats intéressants c’est tellement chouette d’avoir du temps! Nous arrivons au parc, immense forêt préservée, en bord de mer.

Tsitsikamma est réputé pour ses sentiers de randonnée. Nous commençons par le Mouth Trail, petite balade d’une heure qui permet de passer sur de grandes passerelles suspendues, dont une de 77m de long, traversant la Storms River, en bord de mer.

Mouth trail 

Nous poursuivons avec le Waterfall Trail qui longe la côte. Les roches sont oranges par endroits et on voit de beaux paysages de lande. On s’assoit pour une petite pause et en regardant l’océan, nous voyons une dizaine de dauphins. Ils semblent pêcher en groupe et on les voit se laisser glisser sur les rouleaux des vagues. Aux jumelles on les distingue bien, ils ne sautent pas mais laissent voir leur face, leur aileron et leur queue. Encore un beau moment d’observation de la faune!!!

Waterfall trail 
Au loin, les dauphins! 
Ca surfe sur la vague! 

Après un pique-nique sur les rochers, nous reprenons la route du retour en nous arrêtant à Bloukrans bungy jumping, spot de saut à l’élastique, le plus haut du monde depuis un pont apparement. Nous buvons un café en regardant les courageux se jeter du pont au-dessus de la forêt de Tsitsikamma et face à la mer. ( et non, ça ne nous donne pas du tout envie!!!!)

Nous faisons un stop à Natures Valley, petit village en bord de mer avec ses jolies maisons toutes disséminées au milieu des arbres. Certaines sont tellement bien cachées qu’on a l’impression que le village est désert. La plage est superbe, bordée de forêts et d’arbres impressionnants qui semblent centenaires.

Plage de Nature ´s Valley  
Les jolies maisons de Nature ´s Valley 

Nous finissons la journée à Knysna sur Leisure Isle, petite presqu’île de jolies maisons bourgeoises au bord de la lagune. La lagune marécageuse abrite de nombreux oiseaux et pas mal de connaisseurs viennent y faire de la photo animalière sous la belle lumière du soir. Nous voyons des ibis, des grues et différentes espèces de canard. Nous passons sûrement à côté de plein de choses car nous ne connaissons pas trop les espèces d’oiseau malheureusement.

Lagune près de Leisure Isle 

On retourne ensuite à The Heads où nous étions ce matin, pour le coucher de soleil. Les couleurs pastels du ciel et des montagnes au-dessus de Knysna sont superbes. La boucle est bouclée. Encore une bien belle journée.

Vue sur la lagune depuis The Heads 

Jour 17

Nous commençons la journée par une balade dans le Wilderness National Park. Nous marchons en forêt, sur le Kingfisher trail et grimpons jusqu’à un point de vue offrant une vue sur la rivière, les roseaux et la forêt de Wilderness.

Wilderness NP 

Nous jetons ensuite un petit œil à l’immense plage de Wilderness, 18km de bande de sable. Par ici, la baignade est déconseillée a cause des requins!

 Wilderness Beach 

Nous roulons ensuite en direction de Mossel Bay, dernière ville de la Garden Road. Nous faisons une halte au Carola Ann’s à Mossel Bay. Nous y prenons un petit déjeuner d’inspiration orientale. Un vrai salon de thé comme on les adore (Céline t’aurais hésité 3h tellement tout avait l’air bon!!).

Chez Carola Ann’s  

Nous visitions ensuite le musée Bartolomeu Dias. On peut y voir la réplique de sa caravelle, avec laquelle le navigateur portugais et ses 33 membres d’équipage arrivèrent à Mossel Bay en 1488. Ils furent les premiers à passer le cap, avant Vasco de Gama qui lui ira jusque aux Indes 10 ans plus tard. Une vraie coquille de noix!! ( 23m de long sur 6,6 de large). Cette réplique a été fabriquée en 1988 pour le 500ème anniversaire de ce voyage. Des passionnés ont refait le voyage de Dias.

Réplique de la caravelle de Bartolomeu Dias  

Autre petite chose à voir, le Post Office Tree. C’est un milkwood tree auquel était attaché une chaussure. Les bateaux revenant des pays orientaux pour l’Europe y récupérait le courrier des marins navigant dans l’autre sens pour le distribuer à leur arrivée. Émouvant de se dire que cet arbre a 500 ans et a vu passer des générations de marins.

En souvenir de la boîte aux lettres de l’époque  
9
sept
9
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Publié le 10 septembre 2019

Après notre visite de Mossel Bay, nous quittons la Garden Road pour rejoindre la région du Little Karoo, dans les terres, à une centaine de km de la côte. Nous posons nos valises à Oudtshoorn, capitale spécialisée dans....l’élevage d’autruche! Au XIXème et début XXème, la ville était une grande productrice de plumes d’autruche pour l’Europe (pour les robes, chapeaux et les revues parisiennes, londoniennes...) Puis, face aux changements de mode, c’est la peau d’autruche qui a fait fureur pour le cuir (maroquinerie) et maintenant les fermes d’autruche vivent du tourisme et de la viande (le steak d’autruche est tendance, apparemment ça a un goût exquis entre le bœuf et le canard). Bref, c’était pour la parenthèse, car nous ne sommes pas venus à Oudtshoorn pour cette improbable engouement autour de l’autruche, mais plutôt pour le paysages du Little Karoo.

Nous nous rendons au Swartberg, incroyable défilé de 22km (que de la piste) qui mène à 1600m d’altitude à un col, pour un panorama exceptionnel. La route est aérienne, les paysages saisissants. Micka fait une fois de plus chauffer l’appareil photo!! Les falaises de quartzite rouge sont écrasantes!

Route menant au Swartberg pass 
On voit clairement le cheminement de la route et la gorge dans laquelle elle passe 
Une ambiance dantesque! 

Le soir, nous mangeons sur la terrasse de notre B&B. Beaucoup de logements ont une cuisine associée ( self-catering) et c’est vraiment hyper pratique. Ça nous évite de faire trop de restos et ça permet de se poser tranquille le soir quand on n’a pas toujours le courage de ressortir après des journées chargées.

Self-catering à Oudtshoorn 

Jour 18

Le lendemain, nous prenons la direction de Montagu par une Scenic Road, la route 62, route panoramique. Nous faisons un 1er stop au Huisriver pass. Les paysages évoquent plus le Nevada que l’Afrique du Sud, avec des villages un peu ambiance far West et des grandes lignes droites de 10km!

Vue sur Barrydale 

Puis, nous voyons des maisons de style hollandais blanche et les premières vignes au pied des montagnes. C’est marrant car jusqu’à présent les maisons traditionnelles étaient plutôt des rondavelles peintes (en terre Xhosas notamment) et là nous passons dans une région au style très coloniale en se rapprochant du Cap.

Montagu  

Nous nous arrêtons à Montagu, ville abritant de jolies maisons blanches de style hollandais avec des jardins croquignolets. Petite ville bobo à souhait avec plein de B&B de charme et des vignes. Puis la route traverse de grandes zones agricoles avec des énormes silos près de Caledon.

Nous faisons étape à Hermanus petite ville côtière réputée pour ses baleines!!! En effet, entre Juin et Octobre on peut y voir des baleines franche australes et des baleines à bosse dans la baie. Elles viennent s’y accoupler, mettre bas et se nourrir dans cette région riche en plancton avant de partir passer l’été en Antarctique dans des eaux plus froides.

Hermanus et son petit coeur de ville. Les baleines viennent tout près saluer les badauds!
Sur le sentier côtier d’Hermanus 
Belles maisons typiques de l’architecture Cape Dutch

Le sentier côtier d’Hermanus long de 5km est super agréable et permet d’observer la baie et donc... les baleines. Aux jumelles ou à l’œil nu, on repère leurs souffles et leurs dos. Nous avons la chance d’en voir une près de la rive. Nous distinguons bien les callosités sur son dos (excroissance de peau propre à la baleine australe). Elle semble accompagnée d’un baleineau (en train de téter ses 600L lait quotidien?). Nous en voyons aussi une plus au large qui fait 3 sauts successifs! Inphotographiables car tellement furtifs, ce sont des moments difficiles à décrire! Nous faisons le choix de ne pas faire de «whale watching » (sortie en bateau) car nous ne sommes pas sûrs de les voir mieux que depuis le côte, pas du tout sûrs de les voir sauter et que ça représente un budget conséquent. Je (Julie) suis juste un peu déçue car je m’imaginais les baleines sautant ou plongeant, j’avais vu des photos un peu spectaculaires d’autres voyageurs ailleurs et là, à part leurs dos...on ne voit pas grand chose. (Mais ça reste magique quand même d’avoir l’opportunité d’observer de tels animaux!).

Baleine et son baleineau  
Hermanus au coucher de soleil 
12
sept

Jour 19

Après une petite balade matinale sur le sentier côtier, nous quittons Hermanus par la route panoramique qui suit la côte. 1er stop du jour: Stony Point et sa colonie de manchots du Cap. Il y a un air de Scandinavie sur cette pointe, avec les maisons dominées par le relief et prises dans la brume et l’humidité de la mer. Les manchots sont marrants à regarder vadrouiller sur la plage, nager, plonger, revenir sur la rive. Une chose est sûre ils n’arrêtent pas!! Ça court à droite à gauche A croire qu’ils ont des journées très chargées! Le manchot ne vole pas, ses ailes se sont transformées en nageoires. Il peut plonger jusqu’a 130m et rester sous l’eau 2 minutes 30.

Manchots à Stony Point 
On l'aurait bien ramené avec nous celui-là 😀

Puis nous faisons un stop photo devant le village de Rooiels niché contre une montagne. Les paysages commencent à évoquer Le Cap tel que nous l’imaginions. Le sable est très blanc et les montagnes plongent dans l’océan.

Nous faisons une pause repas à Simon’s Town ville sur la péninsule du Cap. La ville est sympa, ambiance balnéaire avec de belles maisons de style British.

Simon’s Town 

Nous nous rendons ensuite au Cap de Bonne Espérance. Tout un symbole!! Les paysages de lande rocheuse rappellent la Bretagne où l’Ecosse sauf que la végétation est différente.

Nous nous rendons au Cape Point lighthouse, ancien phare construit à 249m d’altitude, abandonné en 1919 à cause du brouillard épais qui l’empêchait souvent de jouer son rôle. Un autre phare fut construit plus bas.

Le phare d’origine et le second phare à Cape Point  

Nous marchons ensuite sur un joli sentier jusqu’au Cape of Good Hope, le point le plus au sud-ouest de toute l’Afrique, le plus au Sud étant le cap Agulhas.

Cape of Good Hope  
La découverte de la journée: Cape of Good Hope et Cape Point, ce n'est pas la meme chose! 
Cape Point vu depuis Cape of Good Hope 
Balade entre les deux cap 

Pour mémoire, le cap de Bonne Espérance fût franchi pour la première fois en 1488 par les Portugais (même si on pense que des navires arabes, indiens, chinois avaient pu le franchir avant) et c’est par cette route que Vasco de Gama atteignit les Indes en 1498.

Après cette belle visite et après-midi de balade (Micka a vraiment eu un gros gros coup de cœur pour ce lieu qui le faisait rêver), nous rejoignons notre air bnb à Kommetjie, à l’ouest de la péninsule. Nous avons fait le choix de ne pas loger dans le Cap par économie et pour plus de tranquillité. Nous bénéficions d’un super accueil de nos hôtes qui nous offrent une bouteille de vin sud-africain pour notre apéro du soir.

Kommetjie  

Jour 20

Aujourd’hui, nous filons au Cap, à 40 minutes de route. Ce qui nous frappe tout de suite, ce sont les montagnes qui font vraiment partie de la ville du Cap, c’est assez impressionnant. Ce ne sont pas des collines qui entourent la ville comme on se l’imaginait mais bien des montagnes (Table Mountain est à 1000m d’altitude) et la montagne de Lion’s head est massive aussi!!

Lion’s head  sous un rayon de soleil furtif 
Vue sur le Cap au départ du téléphérique de Table Mountain 

Nous filons à Table Mountain. Table Mountain, c’est LA célèbre montagne qui domine la ville. Nous montons au sommet en téléphérique. Nous arrivons au sommet qui est dans le brouillard. On reste serein, on se boit en café en se disant que ça va se lever. On a tenu à monter à Table Mountain aujourd’hui car c’est le dernier jour de soleil potentiel avant plusieurs jours. Malheureusement, le brouillard reste épais et vers 13h on finit par redescendre un peu déçus. Entre temps, le temps s’est encore plus couvert sur la ville que ce matin.

Notre expérience de Table Mountain! 

Nous partons explorer le quartier de Bo-Kaap, le quartier malais du Cap. Ce quartier accueillait les esclaves indiens, malais, indonésiens au XIXème: après l’abolition de l’esclavage, ils se sont installés dans ce quartier et en ont fait un joli quartier calme aux belles maisons multicolores. Ils s’y sont fait une place et une réputation d’artisans respectés. C’est le quartier musulman de la ville avec un joli minaret.

Quartier de Bo-Kaap 

Nous mangeons dans un restaurant sympa de ce quartier avec vue sur les maisons colorées.

 Harvest Deli Restaurant à Bo-Kaap

Nous allons ensuite sur Long Street, LA rue principale de la ville et faisons un tour à Green Square Market, marché de babioles et « artisanat » africain ainsi que sur St George Mall, une des rues piétonnes principales.

Green Market Square  
St Georges Mall  

Nous ne sommes pas séduit par le centre-ville. Il ressemble à certaines villes américaines sans histoires et sans charme avec quelques rares immeubles art déco. Il y a pas mal de mendiants et marginaux drogués dans les rues. On se fait pas mal aborder, notamment par un jeune qui insiste, nous suit dans toute la rue. On lui dit qu’on n’a pas d’argent, il nous demande alors de l’accompagner à l’épicerie pour lui acheter du pain. Il est d’une maigreur et d’une saleté qui nous font mal au coeur, vraiment. Du coup, on l’accompagne. Il se jette sur un paquet de pain de mie et une boîte de lait en poudre. Sauf que le lait en poudre coûte l’équivalent de 20€. On lui dit qu’on n’est pas d’accord. On veut bien acheter le pain mais pas le lait. On lui paye le pain, mais il le prend en grognant puis s’énerve qu’on n’ait pas voulu acheter le lait. Il a les yeux dilatés qui brillent on se demande s’il n’est pas sous l’emprise de la drogue. Il s’éloigne... petite expérience qui nous montre une fois de plus à quel point les inégalités et la problématique de la pauvreté ne sont pas des choses qui se traitent et se solutionnent si facilement. Nous quittons le quartier pas franchement à l’aise.

La ville doit être belle et l’ambiance plus sympathique sous une météo plus clémente. On n’a pas eu l’occasion de la voir sous le soleil donc on ne tirera pas de conclusions hâtives...

Jour 21

Ce matin, après le sympathique petit déjeuner de notre air bnb (la proprio nous prépare un petit panier qu’elle dépose devant notre porte avec un bon pain fait maison:-)), nous partons pour Stellenbosch. Stellenbosch est au cœur de la région des vignobles. Nous n’avions pas prévu initialement d’y aller mais comme nous avons un peu de temps, on s’y rend.

 Awesome breakfast!

Stellenbosch nous séduit immédiatement. La ville a un air de ville de province, à taille humaine, ville proprette, qui mêle à la fois de belles demeures historiques, bons restaurants et une ambiance étudiante puisqu’elle abrite une grande université. La ville a été fondée en 1679 par Simon van der Stel (à l’époque de la colonisation hollandaise). Nous visitons The Village Museum, un ensemble de 4 maisons restaurées. On peut y voir la plus vieille maison d’Afrique du Sud: la Schreuderhuis qui date de 1709. Elle est charmante avec son toit de chaume et ses pièces simples. Les meubles sont bas car les pieds des meubles s’abîmaient avec l’humidité du sol et ont donc été retaillées à de nombreuses reprises.

Schreuderhuis 1709
Blettermanhuis construite sur un plan en H. Le mobilier représente l’intérieur des années 1750 à 1780. 
St Mary’s Cathedral XIXème  
Moederkerk, 1863 
Berghuis, 1850 

Nous descendons ensuite Dorp Street qui concentre d’élégantes demeures.

Nous poursuivons ensuite par la ville de Franschhoek, petite ville plus petite que Stellenbosch qui nous plaît encore plus. Avec ses jolies maisons d’époque blanches immaculées, ces nombreuses boutiques d’artistes, restaurants, cafés c’est un petit bijou, un cocon au milieu des vignobles.

Franschhoek  

C’est ici qu’une poignée de Huguenots français (protestants) se sont réfugiés après avoir fui la France suite à la révocation de l’Edit de Nantes par Louis XIV. Ces français sont venus avec leurs savoir faire parmi lesquels la viticulture!! Ils plantèrent des pieds de vigne qu’ils avaient rapporté de France. La région s’est développée, a prospéré et c’est donc ainsi, grâce à une poignée de français qu’aujourdhui les vins africains se font une jolie réputation dans le monde entier! (Chauvinisme quand tu nous tiens!!) Les nombreux domaines autour de Franschhoek ont donc des noms français.

Les vins sud-africains sont moins chers que les vins français à qualité égale. Par contre, les méthodes de vinification sont très différentes et feraient hurler certains vignerons français : les cépages ne sont pas dépendants d’une localisation particulière, ils peuvent même être mélangés et certaines bouteilles ne sont pas millésimées. Cependant les vins sud-africains connaissent un succès croissant et visiblement largement mérité selon les connaisseurs.

Autour de Stellenbosch et Franschhoek, il y a de nombreux domaines (ultra sécurisés comme le reste du pays: barrières, gardiens) qu’on peut visiter, y faire des dégustations, y dormir dans de superbes B&B et y manger dans des restaurants gastronomiques. Comme c’est vraiment moins cher qu’en France, ça peut être l’occasion de se faire plaisir si on apprécie les vins. (Apparement pour vous donner une idée, pour 50€ on a 6 plats, 6 vins.)

De notre côté, on ne s’est pas alourdit le sac déjà lourd avec des bouteilles de vin mais on a apprécié de passer une journée dans ce coin.

Nous visitons le Huguenot Memorial Museum. C’est hyper intéressant et ça nous permet de mieux comprendre l’histoire de cette région.

Musée avec la devise calviniste sur le fronton et drapeau des Huguenots de Franschhoek  

Jour 22

Après une matinée très pluvieuse où nous en profitons pour passer des p’tits coups de fil à nos proches, le soleil est de retour et nous partons à Boulders NP. C’est un tout petit parc qui abrite une colonie de manchots d’Afrique du Sud qui compte près de 2000 individus. C’est une zone où les manchots couvent, il y a plein de nids creusés dans le sable et du coup plein de bébés manchots. Les bébés manchots ont un duvet qu’ils perdent progressivement en quelques semaines. C’est marrant car on en voit qui en ont encore que dans certaines zones (autour du cou, dans le dos), ils sont en transition! Les adultes ont aussi une période de mue annuelle, période au cours de laquelle ils restent à terre car n’ont plus leur peau protectrice pour aller dans l’eau.

Colonie de manchots, Boulders NP 

Nous voyons des marques d’affection entre les manchots ils se passent la nageoire dans le dos pour se faire des accolades! Bref, c’est un régal de les voir évoluer. Dans l’eau ils semblent très actifs, partant chasser la sardine en groupe!;-)

Il n’y a que 2 endroits pour en voir sur le continent: à Stony Point où nous étions il y a 3 jours et à Boulders. Sinon, le reste de la population de manchots vit sur des îles. La population est menacée même si elle est protégée.

Nous mangeons dans la jolie petite ville de Simon’s Town puis allons voir les Beach Boxes de St James, cabines de plage colorées très esthétiques.

Simon’s Town  
Cabanes de plage à St James 

Nous décidons ensuite de retourner au Cap explorer cette fois le quartier de Waterfront. Le Cap, deuxième essai!! Et là, la magie a opéré!! . Sous le soleil, ça change TOUT! On voit la ville dominée par Table Mountain, Signal Hill et Lion’s Head. La ville entre montagnes et mer!

 Devant Table Mountain
Signal Hill depuis Waterfront  
 Exemple de hangars réhabilités à Waterfront
 Clock Tower, 1882

Le quartier de Waterfront en lui même est hyper touristique et tendance, on s’y sent vraiment bien. Waterfront ce sont des docks qui ont été réhabilités dans les années 1980 avec succès en restos, boutiques, galeries d’art, musées. Respect pour le travail des architectes (notamment le Victoria wharf) car les espaces de ces hangars vides ont été magnifié, exploité avec intelligence. C’est lumineux. Il y a des espaces de coworking. Il y a des groupes jouant de la musique, c’est animé. Le côté portuaire a été maintenu,ce qui rend le quartier vivant. On passe un bon moment à flâner avant de rentrer par la route panoramique Chapman’s Peak Drive ce qui nous permet avant de l’emprunter de traverser d’autres quartiers du Cap: Sea Point (petite ville dans la ville) , Clifton Bay (très résidentiel et un peu style Californie) et Camps Bay (avec son immense plage).

Pour notre dernière soirée en Afrique du Sud, nous nous offrons un petit resto à Kommetjie où nous logeons et passons un moment à papoter avec les proprio de notre AirB&B, des gens vraiment adorable, une belle rencontre!

Resto à Kommetjie  

Comment clôturer ce carnet sud-africain sans un mot pour l’apartheid et Nelson Mandela? Nous n’avons pas visité Robben Island, prison au large du Cap où il fût détenu de longues années, mais nous nous sommes intéressés à cet homme dont on ne savait pas grand chose au final.

L’apartheid

Les bases de l’apartheid ont été jetées très tôt, dès le XIXème siècle. Fermiers boers exploitant des terres agricoles et patrons britanniques exploitant les mines d’or et de diamant s’arrachaient la main d’œuvre noire, prête à travailler pour une misère. Les lois racistes se sont mises en place peu à peu. En face, la résistance noire s’enclenchait : l’ANC ( African National Congress) a été créé en 1911. L’accès au travail qualifié et le pouvoir étaient réservés aux blancs. Très vite, les noirs seront interdits de ville. En 1948, le Parti national Afrikaner impose l’apartheid: séparation physique des Noirs, désurbanisation forcée, interdiction des mariages mixtes. La loi de 1949 interdit toute union entre blanc et non-blanc. La loi sur la classification raciale détermine la frontière entre blancs et noirs. Le test du crayon placé dans la chevelure permettait de déterminer en cas de métissage à quelle catégorie la personne appartenait. Si le crayon tombe, la personne est blanche. S’il tient, cela signifie que les cheveux sont crépus donc la personne est noire... Des familles ont ainsi été séparées, obligées à vivre dans des quartiers différents. En 1953, la loi sur l’éducation des africains bannit les non-blancs du système éducatif normal et établit un système différent pour éviter toute concurrence entre Blancs et Noirs!!

La résistance monte et Nelson Mandela alors avocat, crée dans l’illégalité, en 1962, une branche armée de l’ANC, pour obtenir des réformes que des années de combat pacifique n’ont pas permis d’obtenir. Il est arrêté et condamné à la prison à vie. Des mouvements de grèves dans les années 70, le mouvement de la conscience noire mené par Steve Biko, des années de lutte, la pression internationale ( l’Afrique du Sud était sous embargo, les Sud Africains ne pouvaient notamment obtenir un visa que pour 4 pays dans le monde...) mèneront finalement à la libération de Mandela en 1990 (27 ans de prison!), à l’abolition de l’apartheid en 1991 puis à l’élection de Mandela à la présidence en 1994.

On avait entendu parler de l’apartheid bien sûr mais on ne pensait pas qu’il avait pu se passer de telles choses, de telles aberrations.

Quelques mots sur Mandela

Né en 1918, il appartient à l’ethnie des Xhosas et est né près de Umtata. Il fait des études d’avocats et fonde avec Oliver Tambo le premier cabinet d’avocats noirs d’Afrique du Sud. Il habite alors à Soweto. En intégrant l’ANC et la lutte armée, il est arrêté et devient le prisonnier politique le plus célèbre du monde. Il obtient le prix Nobel de la paix en 1993. En tant que président il est acclamé, admiré. Ce qui est beau c’est qu’il a su rejeter toute idée de vengeance et n’a cessé de prôner le pardon et la réconciliation.

Comme on le disait dans un autre article, l’ANC est au pouvoir depuis l’abolition de l’apartheid. Mais ce parti a fait preuve de beaucoup de corruption et frasques en tout genre (cf Jacob Zuma par exemple). Il reste encore beaucoup à faire pour diminuer les inégalités sociales et la discrimination.

On voudrait finir ce carnet sur l’Afrique du Sud par cette belle citation de Nelson Mandela.

Notre peur la plus profonde n’est pas que nous ne soyons pas à la hauteur. Notre peur la plus profonde est que nous sommes puissants au-delà de toute limite. C’est notre propre lumière et non pas notre obscurité qui nous effraie le plus. Nous nous posons la question : qui suis-je, moi, pour être brillant, radieux, talentueux et merveilleux ? En fait qui êtes-vous pour ne pas l’être ? Vous êtes un enfant de Dieu. Vous restreindre, vivre petit ne rend pas service au monde. L’illumination n’est pas de vous rétrécir pour éviter d’insécuriser les autres. Nous sommes nés pour rendre manifeste la gloire de Dieu qui est en nous. Elle ne se trouve pas seulement chez quelques élus: elle est en chacun de nous et au fur et à mesure que nous laissons briller notre propre lumière, nous donnons inconsciemment aux autres la permission de faire de même. En nous libérant de notre propre peur, notre présence libère automatiquement les autres. »

Nelson MANDELA – 1994

« Extrait du discours lors de son intronisation à la Présidence de la République d’Afrique du Sud »